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WWF dénonce « l’agonie » d’une baleine blessée par l’homme en Méditerranée

Ce cliché de la baleine Fluker a été pris par le photographe Alexis Rosenfeld à bord du « Blue Panda », en juillet 2020, au large de Toulon.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a attiré l’attention, vendredi 24 juillet, sur l’« agonie », en Méditerranée, d’une baleine amputée de sa queue, symbole pour l’organisation non gouvernementale (ONG) de l’impact des activités humaines sur les cétacés.

Ce rorqual commun baptisé « Fluker » est connu depuis des années par les experts du sanctuaire marin Pelagos, une zone protégée créée entre l’Italie, la France et Monaco. Il était en effet déjà reconnaissable à sa nageoire caudale (fluke, en anglais) à demi amputée. Mais depuis moins d’un an, la baleine a perdu le reste de sa queue, à la suite probablement d’« une collision avec un navire ou un enchevêtrement dans un filet », selon le sanctuaire Pelagos.

Le cétacé, aperçu plusieurs fois dans la zone ces dernières semaines, au point que les autorités ont appelé les plaisanciers à ne pas l’approcher, a été filmé par une équipe du WWF à bord de son bateau Blue Panda. « Elle est dans un état de maigreur terrible, on sentait qu’elle avait du mal à se déplacer », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Arnaud Gauffier, directeur des programmes de l’ONG.

Limiter la vitesse des navires

Le rorqual commun, deuxième plus gros animal du monde après la baleine bleue, utilise sa queue pour se propulser et se nourrit notamment de krill (petites crevettes) en filtrant l’eau quand il nage.

Aujourd’hui, Fluker « peut plonger et se nourrir mais beaucoup plus difficilement que normalement, c’est ce qui explique sa maigreur », souligne Arnaud Gauffier. Fin juin, le sanctuaire Pelagos avait déjà confirmé la présence du rorqual, qui semblait « amaigri » et présentait « de nombreux parasites ».

A cette époque, « Fluker parvenait à se déplacer (environ 100 km par jour), à plonger et à se nourrir bien que difficilement. Cet individu, qui a étonné la communauté scientifique pour ses capacités d’adaptation, avait toutefois une chance de survie très faible », a affirmé jeudi le sanctuaire à l’AFP. « A l’heure actuelle, toute mise à jour et spéculation sur son état de santé sembleraient prématurées », a-t-il ajouté.

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Dans tous les cas, « ce qui est surtout choquant, c’est le fait que des activités humaines aient pu la mettre dans cet état-là », insiste Arnaud Gauffier, qui réclame la mise en place d’une « zone maritime particulièrement vulnérable » en Méditerranée nord-occidentale, très fréquentée.

Cela permettrait notamment de limiter la vitesse des navires et ainsi le risque de collision mortelle avec les cétacés, alors qu’entre 10 et 40 rorquals communs sont tués chaque année de cette façon dans le sanctuaire Pelagos, selon WWF, qui plaide aussi pour le déploiement de systèmes anticollisions et la mise en place de politiques pour lutter contre les filets de pêche « fantômes ».

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Le Monde avec AFP


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