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Un policier accuse des collègues de violences contre des personnes déférées au dépôt du tribunal de Paris

Amar Benmohamed, brigadier-chef au sein de la police nationale, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 22 juillet.

Fait rare dans la police, l’homme a décidé de s’exprimer publiquement. Après plusieurs semaines de mobilisation contre les violences policières et les accusations de racisme formulées à l’encontre des forces de l’ordre, Amar Benmohamed, un brigadier-chef affecté sur le ressort de la Préfecture de police de Paris, que Le Monde a pu rencontrer, prend la parole sur un sujet explosif.

Depuis 2017, il dit avoir été témoin de propos racistes, de cas de maltraitance et de faits de vols qu’il impute à plusieurs de ses collègues. Les différents faits relatés par cet homme de 48 ans, en fonctions depuis vingt ans, avaient été révélés lundi 27 juillet par Streetpress. Les rapports internes de la police, que Le Monde a pu consulter, étayent les nombreux signalements qu’Amar Benmohamed a formulés à ses supérieurs.

Le policier a déposé plainte contre X pour « harcèlement », lundi 27 juillet, auprès du procureur de la République de Paris. L’homme, également syndiqué Unité SGP Police-FO, a saisi, ce même jour, le Défenseur des droits, et réclame, par la voix de son avocat, Me Arié Alimi, le statut de lanceur d’alerte. « Le sujet du racisme est très difficile à exprimer au sein des forces de l’ordre. Quand on dénonce un problème dans la police, on devient le problème », lance le brigadier-chef, peu rompu à l’exercice médiatique, d’une voix chancelante.

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Mardi, le parquet de Paris a annoncé au Monde l’ouverture d’une enquête des chefs de violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique, injures publiques en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion et injures publiques à raison du sexe ou de l’orientation sexuelle. Les investigations ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

La veille, en fin de journée, la Préfecture de police de Paris avait annoncé le renvoi devant le conseil de discipline de l’un des fonctionnaires visés par Amar Benmohamed ainsi que la notification en cours de sanctions administratives pour cinq autres policiers, suivant les conclusions d’une enquête administrative menée par l’IGPN rendues en février 2020.

Important turnover

La plupart des faits relatés par le policier se sont déroulés au « dépôt » du tribunal de grande instance de Paris. D’abord dans ses anciens locaux, sur l’île de la Cité, dans le 1er arrondissement. Puis, après un déménagement en avril 2018, dans l’enceinte du nouveau tribunal judiciaire situé porte de Clichy, dans le 17e.

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