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Togo / jeunesse et respect des valeurs culturelles et ancestrales : la déperdition ?

Les contes au clair de lune contribuaient à distiller la fibre des valeurs culturelles incombant à chaque peuple, il y a très longtemps. Fêtes traditionnelles, et festivals étaient des moments privilégiés pour les jeunes d’apprendre les bases de ce qui rendait leur peuple, leur clan, leur famille unique parmi toutes celles que ceux-ci côtoyaient dans la communauté. Des habitudes qui se perdent progressivement avec l’accentuation de la modernisation, et du style de vie à l’occidentale qui l’accompagne.
« Les jeunes s’embrouillent de jour en jour », clame un homme du troisième âge, assis dans sa chaise longue. Selon lui, trop de technologies n’ont pas eu un impact bienfaisant sur le respect des jeunes vis-à-vis des traditions. Et il n’est pas le seul à penser ainsi.

« Véhiculer des valeurs quelles qu’elles soient passe tout d’abord par la communication », soutient une femme de la soixantaine. « Or, nos jeunes ne veulent plus prendre le temps d’écouter aujourd’hui. Ils veulent que tout aille vite, ils s’accommodent des pensées d’ailleurs, et n’hésitent pas à brûler des étapes. Ce qui n’empêche pas des conséquences désastreuses ».
« Qu’il s’agisse du kabyè, du mina, de l’éwé, ou d’autres langues dites vernaculaires en Afrique, c’est la base pour savoir qui nous sommes, et comment les choses se font là d’où on vient. Et c’est en cela que l’éducation à l’occidentale ne nous a pas fait de bien. Cantonnée sur le français, l’anglais, et d’autres langues que nous avons apprivoisées, mais qui ne sont pas à nous, la jeunesse a perdu beaucoup de son identité africaine. Et à cela s’ajoute le respect aux ainés », explique un jeune africaniste.

D’un autre côté, ce désintérêt pour les traditions ancestrales provient, pour d’autres, d’un manque de communication intergénérationnelle. Comme le confirment Israël, et Judith, tous deux étudiants en sociologie à l’université de Lomé.
« À l’opposé de l’excision, du lévirat, de certains rites de veuvage, et d’autres traditions désuètes pour notre ère, nous sommes plusieurs à vouloir renouer avec la culture de nos ancêtres. Il nous peine de dire que la plupart d’entre nous ne connaissent même pas le chemin de leurs villages, ce qui rend les choses assez difficiles ; les raisons en sont assez diverses ».

Un constat amer qui a tendance à se préciser, à mesure que le temps passe et que le monde évolue, causant ainsi la perte de plusieurs habitudes et coutumes au Togo.


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