Cameroun

Sérail: ces ‘fils’ de Paul Biya

Qui peut m’expliquer pourquoi ces gens sont en liberté ?

Dans chaque Etat, l’opinion publique s’intéresse aux hommes du sérail. Leurs faits et gestes sont scrutés avant qu’ils ne passent au crible dans la raison critique. L’on en vient à se poser plusieurs questions sur leur itinéraire ou leurs liens avec le pouvoir. Et ces questions vont parfois dans tous les sens.
n’uelques cas de figure des personnalités que le président Paul Biya a voulues coopter au point d’en faire ses enfants. Le cas le plus frappant qui taraude encore les esprits et qui s’est soldé par les regrets concerne l’ancien ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o. Ce fils de Nkolfong dans l’arrondissement de Zoetele a marché sur du velours tout au long de sa vie professionnelle jusqu’à son éviction comme un malpropre.

Aujourd’hui, c’est dans la geôle qu’il rumine ses forfaits. De la préfectorale jusqu’à l’establishment, il ne suscitait que de l’admiration. Etait-il aristocrate ? Pour ceux qui ne le connaissent pas, Edgar Alain Mebe Ngo’o est un enfant de bonne famille qui a bénéficié d’une éducation de patricien. Depuis son enfance, la vie publique ne lui était pas un secret. Au début des années 70, son père est membre du parlement fédéral de l’époque.

Il roule à bord d’une Peugeot « 504 » de couleur noire allouée à tous les députés. Malgré son parcours académique douloureux, il a reçu l’onction du souverain comme il se dit toujours ! « On a beau chassé le ridicule, il revient chaque fois au galop ». Passons à ceux qui sont actuellement en service et qui ne sont pas une génération spontanée dans les affaires. Il se pose des questions plus ou moins lancinantes à leur sujet.

Prenons le cas de Louis Paul Motaze. Cet enfant est d’abord de ceux qu’on appelle vulgairement « un bien né ». La première épouse du président de la République était la sœur de sa mère. Toute la famille est passée par la maison pour être élevée et grandir. De regrettée mémoire, Denise, Roger et Georges. Jean Paul a pris sa retraite comme commissaire de police. L’actuel ministre des Finances n’est pas un produit du favoritisme ou du népotisme.

Ce monsieur a d’abord fait de bonnes études et a, à chaque fois, montré sa compétence, son efficacité partout où il est passé. Directeur commercial à la Camair, les avions volaient encore plus haut et c’est l’époque où notre flotte était fournie. Quand il arrive à la Caisse nationale de prévoyance sociale, il parvient à redresser tout ce qui était tordu dans la maison. la prétendue sérénité que connait Me-koulou Mvondo aujourd’hui était un legs positif de Louis Paul Motaze.

Les langues fourchues vous diront pour minimiser son travail, qu’il a été beaucoup aidé pour bien travailler. Soit ! Le résultat attendu a été obtenu. Ijouis Paul Motaze n’est pas resté là…Dans les services du Premier ministre, si tout le travail qu’il avait abattu avait été scrupuleusement respecté, l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) ne nous aurait pas été retirée. Actuellement au ministère des Finances, nous voyons clairement comment il a assaini le fichier solde et il ne cesse de payer beaucoup d’arriérés de l’Etat Même si les pensionnaires souhaitent toujours une célérité pour leur dossier. Bref quand on parle de Louis Paul Motaze, il devrait en toute honnêteté et objectivité être accrédité d’un bilan positif. Compétence et efficacité militant de son côté.

Parcours

Maintenant nous arrivons au cas Samuel Mvondo Ayolo, l’actuel ministre, directeur du cabinet civil à la présidence de la République. Il est le fils de Moïse Ayolo, l’homme qui, dans le temps, a rivalisé les grands exportateurs rie cacao comme Kristo au moment où tous les magasins et boutiques de Sangmélima portaient l’estampille du nom de ce susnommé. Cet homme a pris l’initiative de créer un grand collège dans la ville de Sangmélima. Au début, c’était le collège André Mfoula et après c’est devenu le collège Dja et Lobo.

Tout le monde y a vu le coup de pouce de Parti Biya à l’époque secrétaire général de la présidence de la République sous Ahmadou Ahidjo. C’est Paul Biya qui connait tous les mé-canisfnes en la manière pour avoir officié comme secrétaire général du ministre William Eteki Mboumoua. Dès le départ, il a ouvert tous les 2 cycles de l’enseignement secondaire général, un fait rare à l’époque. Samuel Mvondo Ayolo le fils ne s’est pas contenté de la fortune de sou père, il a fait de sérieuses études supérieures à l’étranger dont le background lui a permis de commencer directement le travail au ministère des Relations extérieures. Il a été tour à tour ambassadeur au Gabon puis en France, un poste assez délicat Pourquoi ne pas dire que c’est pour récompenser l’amitié qu’il a entretenue avec son père que le président l’a appelé à ses côtés pour en faire le successeur de Martin Be-linga Eboutou, une perle de la diplomatie camerounaise ?

Directeur du cabinet civil, il n’a pas des comportements extravagants et pour beaucoup, il ne sort pas l’argent comme ils le souhaiteraient. Au bout du compte c’est un homme dur par rapport à son prédécesseur. Seulement, dans la ville qui l’a vu grandir, on lui reproche de soutenir des gens qui l’aideraient à s’accaparer tous les points stratégiques de la ville de Sangmélima. Ont-ils tort ? Ont-ils raison ? L’avenir nous le dira si ce n’est pas aussi une cabale bien orchestrée pour le diaboliser. Ce parcours nous a permis de voir un peu ces hommes du sérail présidentiel. Paul Biya est plus informé que tout Camerounais. Il sait lui-même qui fait quoi. De sa tanière, il scrute tout tranquillement et ses avis sont toujours les meilleurs. Il n’est pas un désincarné.

Source : Camerounweb.com

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