Cameroun

Révolution du 22 septembre: JEUNE AFRIQUE éventre les manigances de Maurice Kamto

C'est une plainte pour tortures et traitements degradants dans le cadre des marchés du 26 janvier

Maurice Kamto appelle à la tenue de manifestations pacifiques pour réclamer le départ de Paul Biya et l’annulation des élections régionales. Parviendra-t-il à rassembler l’opposition avant le premier rassemblement du 22 septembre ?

« Les marches appelant au départ de Paul Biya ne sont pas des actes d’insurrection, de rébellion ou d’hostilité contre la patrie, mais l’expression pacifique de l’exaspération face à un pouvoir qui n’entend plus les pleurs des populations », a déclaré Maurice Kamto dans un communiqué rendu public le 15 septembre. C’est par ces mots que le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a appelé à la tenue de manifestations pacifistes pour exiger le départ de Paul Biya et pour protester contre la tenue des élections régionales le 6 décembre. Selon lui, le scrutin ne peut avoir lieu « avant la résolution de la crise en zone anglophone et la réforme consensuelle du code électoral ».

Si Maurice Kamto insiste tant sur l’aspect « pacifique » des marches auxquelles il appelle, c’est que le climat s’est singulièrement tendu, ces derniers jours. Alors que le premier rassemblement est fixé au 22 septembre prochain, le ministre de la communication René Emmanuel Sadi évoque un « mouvement insurrectionnel ». Les manifestations ont été interdites par les autorités, qui ont promis la plus grande fermeté, à Yaoundé comme à Douala, contre les contrevenants. Y prendre part est passible « d’un emprisonnement à vie », a même menacé Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale.

Rencontres et coups de fil

À Douala, où il séjourne depuis le dimanche 13 septembre, Maurice Kamto multiplie quant à lui les rencontres avec sa garde rapprochée et les acteurs politiques de l’opposition pour tenter de mobiliser le plus largement possible.

Après leur avoir adressé des courriers, Maurice Kamto a échangé par téléphone avec plusieurs responsables de partis politiques, dont Ni John Fru Ndi, du Social Democratic Front (SDF), Edith Kah Walla, du Cameroon People’s Party (CPP) et Aboubakar Ousmane Mey, de l’Alliance nationale camerounaise (ANC).

Il a également appelé des leaders de la société civile, à l’instar de Djeukam Tchameni, initiateur du Cadre citoyen de concertation, un espace de conversation entre les différentes forces politiques du pays.

Son ancien allié à la présidentielle Akere Muna a en revanche décliné ses coups de fil. Selon l’un de ses proches, l’ancien bâtonnier a momentanément « pris ses distances avec la politique », afin de se consacrer à ses activités de consultant à travers le continent.

Une démarche controversée

Auprès des leaders avec lesquels il s’est entretenu, Maurice Kamto a plaidé pour que les « forces du changement » joignent leurs efforts en vue de « remplacer le régime de Yaoundé ». Il a d’ailleurs sollicité des rencontres avec chacun d’entre eux afin de peaufiner la stratégie à mettre en place. Mais au sein de l’opposition, sa démarche est diversement appréciée. Il lui est souvent reproché d’avoir initié « son projet de manifestation » avant de chercher à rallier l’opposition.

Actuellement aux États-Unis, Ni John Fru Ndi a ainsi clairement signifié que son parti ne s’associera pas à ces manifestations. Bien qu’il ait assuré par téléphone à leur initiateur qu’une réunion de concertation se tiendrait entre son état-major et celui du MRC, les cadres du SDF, emmenés par son vice-président Joshua Osih, se montrent moins affirmatifs. « Nous ne pouvons pas nous engager dans un mouvement sans en connaitre les tenants et aboutissants », s’offusque un des responsables du SDF appartenant à l’aile du parti favorable à la tenue des régionales.

« Mouvement insurrectionnel »

Dans un environnement politique marqué par une longue histoire de « trahisons », Maurice Kamto avance donc avec prudence. Son objectif est clair : dissimuler sa stratégie et opérer par surprise. À Douala, il n’est entouré que d’un cercle restreint de fidèles qui comprend l’économiste Christian Penda Ekoka, l’universitaire Alain Fogue, l’ancien député Albert Dzongang, l’avocat Yondo Black ainsi que le Dr Modeste Ngono, cadre du MRC.

Il n’a d’ailleurs toujours pas rencontré Michelle Ndoki et Célestin Djamen, deux autres figures du parti qui avaient publiquement réclamé la fin de la campagne « Non au hold up électoral », lancée par le MRC pour contester les résultats de la présidentielle.

Maurice Kamto et sa garde rapprochée ont néanmoins pu échanger avec les responsables du collectif Stand Up For Cameroon, un réseau d’acteurs et d’organisations politiques dirigé par Edith Kah Walla et auquel appartient l’avocate Alice Nkom. Les deux parties se sont accordées en faveur d’« actions concrètes et concertées [rassemblant] une grande partie des acteurs politiques et sociaux », mais sans jamais déterminer s’ils marcheront ensemble le 22 septembre prochain.

Selon les responsables du MRC, près d’une dizaine de partis et d’organisations de la société civile soutiennent aujourd’hui leur mouvement, et des négociations seraient toujours en cours.

Source : Camerounweb.com

Laisser un commentaire