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pourquoi la hausse des cas détectés chez les jeunes doit être analysée avec prudence

Olivier Véran en appelle « à la jeunesse pour qu’elle soit vigilante ». Dans Le Parisien le 25 juillet, le ministre de la santé s’inquiète de la recrudescence des cas d’infection par le SARS-CoV-2 chez les jeunes. « Sans doute que les personnes vulnérables et âgées ont conservé un niveau de prudence élevé alors que les jeunes, eux, font moins attention », présume-t-il, affirmant que « lors des campagnes de dépistage massif (…) les patients sont jeunes, plus jeunes que lors de la précédente vague ».

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Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 détectés a en effet augmenté chez les jeunes adultes de 20 à 29 ans depuis le déconfinement, mis en place le 11 mai, selon les données issues du fichier Sidep, qui centralise depuis mi-mai les résultats des tests virologiques dits « RT-PCR » (ou « réaction en chaîne par polymérase »). Durant la semaine du 13 au 19 juillet, 820 vingtenaires ont été testés positifs au SARS-CoV-2, alors qu’ils n’étaient que 531 pour la période du 18 au 24 mai.

Mais si le taux d’incidence (nombre de cas positifs détectés pour 100 000 personnes) a effectivement augmenté chez les jeunes, la progression de cet indicateur peut être complétée par l’analyse d’autres données, comme l’évolution des autres classes d’âge, le nombre de tests pratiqués, ou le taux de positivité. Explications.

1. La politique de tests a évolué

Le taux d’incidence est lié au nombre de tests réalisés dans chaque catégorie d’âge. Or la politique de dépistage a considérablement évolué en France depuis le mois de mars.

Au plus fort de la crise sanitaire, l’essentiel des tests était consacré aux cas graves – dont beaucoup de personnes âgées à leur arrivée à l’hôpital. Puis, fin avril, le gouvernement a annoncé viser une capacité de 700 000 tests virologiques par semaine afin d’identifier les nouveaux cas de Covid-19 et les personnes ayant été en contact rapproché avec eux.

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Conséquence de la montée en puissance progressive du système de dépistage, le profil des personnes testées a évolué : parmi elles, le nombre de jeunes a considérablement augmenté. Or, comme le rappelle Olivier Véran dans Le Parisien, quand on teste plus, « on trouve plus de malades ».

2. Une hausse des cas dans toutes les tranches d’âge

« En semaine 29 [du 13 au 19 juillet], l’augmentation des cas concerne l’ensemble des tranches d’âge », relève Santé publique France (SPF) dans son dernier point épidémiologique hebdomadaire, publié le 23 juillet. « Chez les personnes âgées de 75 ans et plus, l’incidence, qui avait diminué jusqu’en semaine 28 [du 6 au 12 juillet], est en augmentation en semaine 29 pour la première fois », note l’organisme public. L’incidence est également en progression, depuis la première semaine de juillet, « que ce soit chez les adultes les plus jeunes (15-44 ans) ou plus âgés (45-64 ans et 65 à 75 ans) ».

SPF note que cette augmentation générale des cas de Covid-19 n’est d’ailleurs pas uniquement liée « à l’intensification des actions de dépistage de personnes asymptomatiques telles que mises en place dans le cadre d’investigations, mais reflète une augmentation réelle du nombre de cas symptomatiques ». Face à cette « poursuite de la circulation virale » et à la « confirmation à la hausse des indicateurs épidémiologiques pour ces trois dernières semaines », l’organisme public appelle à maintenir une forte vigilance.

3. Une tendance à surveiller au regard d’autres indicateurs

Plusieurs autres indicateurs permettent de suivre l’évolution de la situation en France. Le taux de positivité des tests en fait partie.

Mais ces données peuvent elles aussi être influencées par les politiques de dépistage, comme des campagnes massives organisées sur les lieux de vacances ou dans le cadre de la détection de foyers épidémiques.

C’est pourquoi il est utile de les analyser conjointement aux autres indicateurs disponibles par classes d’âge tels que les passages aux urgences ou encore les hospitalisations. L’association SOS Médecins a ainsi observé une hausse du nombre d’actes médicaux pour suspicion de Covid-19 chez les adultes entre la semaine du 6 au 12 juillet et la semaine du 13 au 19 juillet.

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