Europe France

« Pif » de retour dans les kiosques

Promotion pour la nouvelle version du magazine Pif.

Quand on est dans une situation critique, on n’a pas le luxe de choisir ses soutiens. C’est le cas de la presse communiste. Pif le chien, créé par José Cabrero Arnal, apparu pour la première fois dans L’Humanité en 1948, est revenu en kiosque mercredi 16 décembre, au moment même des commémorations du centenaire du Parti communiste, avec, aux manettes… l’ex-sarkozyste Frédéric Lefebvre.

Le célèbre canidé a subi un sérieux toilettage : il est plus élancé et, signe des temps, il se dit « 100 % écolo ». Pif a donc un sac à dos vert, il évolue dans un environnement « durable et connecté » où il chasse le moindre gobelet en plastique et les célèbres gadgets seront respectueux de l’environnement : un sapin à planter et un jeu de l’oie « écolo et zéro plastique ». Seront mis en vente chaque année quatre numéros de cette nouvelle mouture, baptisée Pif le Mag, où l’on retrouve aussi le chat Hercule et le chiot Pifou. Pif Gadget a d’abord été un hebdomadaire (de 1969 à 1993) puis un mensuel (entre 2004 et 2008), puis trimestriel (2015-2017). C’est donc la quatrième fois que le petit chien revient en vente.

« Assez embêtant »

Mais la vraie surprise est surtout le nom du directeur de la publication : Frédéric Lefebvre. L’ancien secrétaire d’Etat sarkozyste (qui n’a pas donné suite aux sollicitations du Monde), passé au macronisme, a annoncé au JDD son nouveau rôle. Pour lui, aucune incompatibilité entre un homme venant de la droite et un titre historiquement proche du PCF. « Pif était proche de moi ; c’était mon héros Je le pro­je­tais dans la vraie vie et il don­nait la pa­role à Can­nelle, mon la­bra­dor adoré. (…) Le re­lan­cer au­jour­d’hui est pour moi un acte à la fois ré­gres­sif et trans­gres­sif, mais aussi une im­mense envie de partager ! » Il jure que le magazine défendra « l’écologie, l’humanisme, la solidarité, la défense des animaux ». Il assure, par ailleurs, être retiré de la politique.

Cet enthousiasme n’est pas partagé par Patrick Le Hyaric. Le directeur de L’Humanité explique au Monde qu’il n’a rien à voir avec cette arrivée qui peut sembler incongrue. « Il y a eu un plan de redressement puis un plan de continuation. Le tribunal de commerce a exigé que l’on trouve des recettes nouvelles. Ils ont examiné notre patrimoine et ont vu qu’il y avait des marques inexploitées, dont Pif, énumère-t-il. L’administrateur nous a mis en contact avec une boîte, Pif et Hercule. Ils ont décidé en leur sein de la répartition des rôles. » En clair : L’Humanité n’est en rien responsable de la venue d’un ex-sarkozyste. C’est d’ailleurs « assez embêtant », reconnaît le journaliste communiste qui doit faire face, par ailleurs, à une situation financière « très tendue » pour le quotidien fondé par Jean Jaurès qui souffre d’une baisse des recettes publicitaires et de l’annulation de la Fête de L’Humanité en raison de la pandémie de Covid-19.

Lire aussi « Pif » prépare son retour, sans gadget

Source link

Laisser un commentaire