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L’instruction de l’affaire Théo L., symbole des violences policières, est terminée

En 2019, une expertise médicale avait conclu que Théo L. souffrait d’une « infirmité permanente », causée par des lésions « en relation certaine et directe » avec son interpellation.

L’instruction ouverte à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, dans le dossier Théo L., grièvement blessé lors d’un contrôle de police en 2017, est close, ont annoncé vendredi les avocats des parties. C’est une nouvelle étape vers un futur procès. « La juge estime qu’elle a terminé les investigations qu’elle juge opportunes », a déclaré Me Antoine Vey, avocat du jeune homme, confirmant une information du Parisien.

Le 2 février 2017, Théo avait été grièvement blessé dans la zone anale par une matraque télescopique, lors d’un contrôle de police dans la cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois. Quatre policiers ont été mis en examen, dont l’un pour « viol », dans cette affaire au retentissement national, devenue emblématique du débat autour des violences policières.

L’instruction terminée, Me Vey a expliqué avoir « trois mois » pour déposer d’éventuelles demandes d’acte, rappelant que sa demande de reconstitution des faits avait déjà été refusée par le magistrat instructeur.

« On attend désormais le réquisitoire définitif du parquet puis l’ordonnance de renvoi du juge », a ensuite réagi Me Frédéric Gabet, l’avocat du policier mis en examen pour viol. Celui-ci plaide un geste « involontaire » de son client, au cours d’une interpellation musclée.

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Un procès dès la « fin 2021 »

L’ordonnance de renvoi devrait être rendue au début de 2021, a estimé le conseil de M. Théo L., qui espère qu’un procès pourra se tenir dès la « fin 2021 ». L’affaire pourrait être jugée aux assises, même si la qualification de viol n’était pas retenue faute d’éléments prouvant l’intentionnalité du geste.

En 2019, une expertise médicale avait conclu que le jeune homme souffrait d’une « infirmité permanente », causée par des lésions « en relation certaine et directe » avec son interpellation. Son handicap se traduit par une incontinence qui nécessite une prise en charge « à vie », selon le rapport d’expertise.

Une autre expertise a été menée au cours de l’instruction pour compléter la première et évaluer l’évolution de sa blessure. « Les conclusions doivent être notifiées » prochainement, a indiqué Me Vey, qui n’en avait pas connaissance vendredi. Cinq jours après les faits, Théo L. avait reçu la visite à l’hôpital de François Hollande, alors président de la République.

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Le Monde avec AFP


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