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Les ventes de BD progressent de 9 % en 2020, portées par les mangas

Lors du 47e festival de la bande dessinée d’Angoulême (Charente), le 2 février 2020.

Les aventures de l’orphelin cancre et farceur Naruto, le manga écrit et dessiné par Masashi Kishimoto, permettent au secteur de la BD de traverser la pandémie de Covid-19 la tête haute. Les deux premiers volumes de cette saga, republiés par les éditions Kana, sont arrivés largement en tête des ventes en 2020. Tout comme, pour les albums de bandes dessinées, le trio gagnant constitué du neuvième volume des aventures de Lucky Luke d’après Morris Un Cow-boy dans le coton, de Jul ; du cinquième volume de L’Arabe du futur, Une Jeunesse au Moyen-Orient, de Riad Sattouf, ou encore du dernier opus des aventures de Blake et Mortimer d’après Edgar P. Jacobs, Le Cri du moloch, de Jean Dufaux.

Selon l’institut GFK, qui publie son étude, jeudi 28 janvier, à l’occasion du 48festival de la bande dessinée d’Angoulême (Charente), lequel se tiendra partiellement en ligne vendredi 29 et samedi 30 janvier, la BD n’a pas du tout souffert de la crise. Au contraire.

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« Les ventes ont augmenté de 6 % en 2020, pour atteindre 591 millions d’euros. Cela représente, en volume, une hausse de 9 %, qui permet d’établir une nouvelle année record, avec 53,1 millions d’exemplaires », affirment les auteurs de l’étude. Un phénomène « d’autant plus remarquable, à leurs yeux, que les ventes BD sont en hausse continue depuis 2016. La BD représente aujourd’hui, en volume, un livre sur cinq achetés en France ».

« 65 % des BD sont destinées à des moins de 30 ans » 

Une telle croissance s’explique par une forte dynamique de tous les segments de ce marché. Notamment des mangas, qui constituent désormais 42 % des ventes en volume (soit une hausse spectaculaire de 18 %).

La BD de genre, qui représente 27 % des exemplaires vendus, a augmenté de 5 %, tandis que la BD jeunesse (25 % des exemplaires écoulés) n’a crû que de 2 %, en raison d’une comparaison défavorable par rapport à 2019, année de sortie de la dernière aventure d’Astérix.

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« En ôtant l’impact du petit Gaulois, la BD de genre affiche une croissance de + 15 % », affirme l’étude, en ajoutant que le comics, segment plus confidentiel (6 % des ventes), continue de progresser en 2020 – de 6 % – en nombre d’exemplaires vendus. La bande dessinée reste caractérisée par l’âge de ses lecteurs : « 65 % des BD sont destinées à des moins de 30 ans », commente Camille Oriot, consultante senior Livres de GfK.

Sans surprise, les périodes de confinement ont eu, comme dans toute l’édition, un impact négatif tangible sur le nombre de nouveautés, qui ont chuté de 12 % en 2020. Ce qui a, par un effet de balancier, donné des couleurs aux ventes des BD issues du fonds des librairies. En raison des confinements, les ventes se sont également concentrées sur les périodes de réouverture des librairies, entre mai et octobre, puis en décembre.


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