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les juges ordonnent une nouvelle expertise médicale

Lors d’une manifestation contre le racisme et les violences policières, le 13 juin, à Paris.

L’affaire Adama Traoré sort chaque jour un peu plus de l’ordinaire. L’enquête prend cette fois-ci le chemin… de la Belgique. Selon les informations du Monde, les trois juges d’instruction ont nommé quatre médecins qui exercent tous dans la région de Bruxelles pour rendre une expertise médico-légale, destinée à déterminer les causes de la mort du jeune homme, le 19 juillet 2016, sur le sol de la gendarmerie de Persan.

Une décision complètement inhabituelle pour une information judiciaire, qui tente de sortir de l’ornière. En tout 12 rapports médicaux ont été rendus depuis quatre ans, dont plusieurs expertises de synthèse. Si elles concluent toutes à un syndrome asphyxique, elles divergent sur les causes qui l’ont provoqué. Le dernier rapport ordonné par la justice blanchissait les trois gendarmes qui avaient interpellés Adama Traoré ce jour-là. Les médecins estimaient que le jeune homme était décédé des suites d’un oedème cardiogénique, provoqué notamment par la combinaison de la sarcoïdose et du trait drépanocytaire dont il était affecté, sous des formes pourtant bénignes. Selon eux, c’est l’effort produit par Adama Traoré pendant sa fuite qui lui avait coûté la vie.

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Un rapport produit par la famille et faisant appel à des experts des deux maladies citées avaient balayé ces conclusions, incitant les autorités à reconsidérer la thèse de l’asphyxie positionnelle due à la méthode d’interpellation des gendarmes. Les proches du jeune homme, qui fêtait ses 24 ans ce jour-là, restent persuadé que c’est l’intervention des militaires qui lui a coûté la vie. Aucun d’entre eux n’est à ce stade de l’enquête mis en examen.

Le principal témoin récemment entendu

Pour régler la querelle française, les juges se tournent donc vers les Belges. Parmi les quatre médecins, figurent un cardiologue, un médecin légiste et deux spécialistes de la sarcoïdose et de la drépanocytose. Aucun d’entre eux n’est évidemment inscrit sur les listes des experts judiciaires français. Ils devront prêter serment par écrit, vu l’éloignement géographique.

Ce nouveau rebondissement va donc prolonger l’enquête quelques mois de plus. Ce n’est pas la première fois que l’enquête prend des détours singuliers. Ces derniers jours, les juges d’instruction ont entendu le principal témoin, dans l’appartement duquel Adama Traoré a été interpellé. Devant le faible niveau d’expression de la personne, les magistrats se sont retrouvés à mimer la scène, procédant à une reconstitution à même le sol de leurs bureaux, et endossant eux-mêmes le rôle des gendarmes, tandis que le témoin jouait celui d’Adama Traoré. Alors que la famille demande une vraie reconstitution des faits depuis plusieurs mois, cette improvisation a surpris.

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Elle correspond à une accélération de l’enquête ces dernières semaines, après plusieurs mois d’inertie. Les juges ont procédé à deux auditions de témoins. Ils ont également diligenté des investigations pour en identifier d’autres et pour creuser les antécédents de l’une des personnes entendues.


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