Cameroun

Les Haoussas sont arrivés à Besseke vers les années 1840 – 1850 – Tanko Amadou Camille

Elle a acceptée de faire des sodo-fella aux papis satanistes sans s'indigner

Alors que des voix s’élèvent pour exiger le départ des allogènes dans les chefferies traditionnelles du canton Bele – Bele, le chef de quartier Besseke, sa Majesté Tanko Amadou Camille a décidé de rompre le silence. L’arrêté préfectoral qui le désigne chef Traditionnel de 3e degré du quartier Besseke date depuis le 11 juin 2013, après avoir succédé à son feu père Tanko Amadou. Dans l’entretien qu’il vient d’accorder à notre rédaction, ce chef Traditionnel revient sur les faits historiques et tente de rétablir la vérité.

La communauté Sawa issue du canton Bele – Bele exige le départ des chefs traditionnels allogènes. Êtes-vous au courant ?

Je vous remercie tout d’abord de me permettre d’apporter ma modeste contribution à cet épineux problème qui mine l’actualité de l’heure à Bonaberi – Bonassama. En effet, ce problème vient du fait que certaines personnes ont fait croire à la communauté Sawa en général et de Douala en particulier, que l’administration m’a nommé chef de quartier de Besseke. Or cet arrêté no 847 du 20 Août 2020 a pour objet, rectification d’une erreur matérielle. Dans l’arrêté 159 du 11 juin 2013 qui me désigne chef Traditionnel du 3e degré à Besseke, une erreur matérielle s’y trouvait notamment sur mon année de naissance. Dans cet arrêté, voici l’erreur matérielle. Né le 11 octobre ” 1790″. Un fait qui sous-entend que j’ai aujourd’hui 300 ans. Ce qui n’est pas possible, ni réaliste. Une erreur matérielle qui est venue entraîner un blocus dans le processus d’avancement de mes dossiers. L’administration a donc rectifié cette erreur en m’attribuant mon véritable année de naissance notamment 1970. C’est donc cet arrêté portant rectification d’une erreur matérielle, qui donne l’impression à la communauté Sawa que je venais d’être désigné chef Traditionnel de 3e degré. Malheureusement, certaines personnes n’ont pas bien lu cet arrêté rectificatif. Je rappelle que l’arrêté qui me désigne par élection date depuis 2013. L’article 2 précise que l’arrêté 159 reste inchangé. Pourquoi depuis 2013, il n’y a pas eu de problème ? Pourquoi maintenant ? Dans le cas d’espèce, il n’y a pas de problème entre Bonassama, Besseke, Doualas et Haoussas.

Que dit le sous-préfet de Douala 4e par rapport à cette affaire qui fait grand bruit dans le canton Bele – Bele.

Je pense que le sous – préfet sûrement a dû leur donner la vraie réponse. Il maîtrise très bien le fond de ce dossier. Il s’agissait d’une correction. La marche de ce matin (vendredi 04 septembre 2020) visait à déloger Tanko Amadou Camille, fils de feu Tamko Amadou. Je tiens à préciser que contrairement à ce que les gens pensent, les Haoussas ont été adoptés par les Bele – Bele. Les Haoussas sont arrivés ici (Besseke) vers les années 1840- 1850. Mon grand-père est arrivé en 1890. Les à aînés à mon papa, parmi lesquels l’un des premiers enfants est né en 1810. Nous sommes à plus de 160 années d’existence à Besseke. Nous avons trouvé cet endroit, c’était un petit îlot entouré d’eau. L’ancienne route que vous voyez, c’était de l’eau. En face de la chefferie Tanko, c’était de l’eau. On arrêtait les poissons en face de nous là. Quand les Allemands sont arrivés pour le projet du rail, plusieurs Haoussas qui étaient installés ici ont traversé le pont afin d’étendre leur extension.

Malgré ce rappel historique, l’on constate que vous êtes pourchassés aujourd’hui !

On nous dit que nous sommes des étrangers. Nous les Haoussas, nous avons une particularité .Les Haoussas sont comme le peuple Bororo. C’est une communauté qui se sédentarise à l’endroit où elle se trouve. Et ça devient leur village. Lorsque l’on dit aujourd’hui que rentrez chez vous. Nous allons partir où ? Le peuple Haoussa est le seul peuple dans la ville de Douala où les autochtones ont octroyé un cimetière pour enterrer leurs proches. Tous nos aïeux sont enterrés ici. Mon papa qui est né en 1933 est mort et enterré ici. Je suis un Haoussa de Bele – Bele. Parce que ce canton nous a accueillis et adoptés.

Avez-vous un problème particulier avec la communauté Sawa ?

Nous n’avons pas de problème avec les Doualas. Le problème est purement personnel entre Tanko Amadou et sa Majesté Edjangue (chef de quartier Bonassama) .Notre problème réside à deux niveaux. J’ai la culture du respect de l’autorité. Le chef Edjangue m’a fait savoir qu’il ne reconnaissait pas le chef du canton Bele – bele comme son chef. Or c’est ce dernier qui a fait à ce que mon père soit chef par un arrêté qui date du 7 avril 1966. Signé du préfet de l’époque Sabaleko. C’est depuis 2014, que je lui ai signifié que tant qu’il ne reconnaît pas le chef du canton Bele – Bele comme son chef supérieur, je ne collabore pas avec lui. Il dit qu’il dépend du canton Bell, tantôt de son canton. Je sais qu’il y’a 6 cantons dans le Wouri, Bell, Akwa, Deido, Bassa, Bakoko et Bele – Bele. Depuis 2018, il a écrit aux autorités pour qu’on me destitue. Seulement, il n’a pas réussi à ce projet. Aujourd’hui, il utilise le peuple Sawa qui est d’ailleurs un peuple accueillant, hospitalier pour atteindre son objectif. Il veut les retourner contre les Haoussas. Et ça ne marchera pas.

Source : Camerounweb.com

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