Informatique / H-tech

Les big techs et la liberté d’expression à géométrie variable…

La liberté d’expression semble bien malmenée ces derniers jours :

Censure d’un Président américain en exercice par Twitter et Facebook;
Suppression du réseau Parler du google play store et de l’apple store;
Suppression du réseau Parler des serveurs que fournissait Amazon.

Jusqu’ou s’arrêteront les géants de la technologie pour brider la liberté d’expression ?

N’y a-t-il pas un monopole qui cache son nom avec une alliance de gros groupes technologiques qui peuvent avoir une influense majeure sur les résultats politiques ? Ont-ils d’ailleurs des limites dans la censure ? N’ont-ils pas beaucoup trop de pouvoir ? (que nous leur donnons d’ailleurs, généralement volontairement, à tort ou à raison)

Et au final, la technologie peut-elle corrompre la « démocratie » ? Ou pire, la technologie a-t-elle déjà corrompu la « démocratie » ?

A l’heure où l’on sait que le contrôle de l’information est aussi le contrôle de la pensée, il convient de se pencher sérieusement sur ces questions, qui impactent la liberté de tout un chacun.

« Si la liberté d’expression est enlevée, puis muette et silencieuse, on peut être amenés, comme des moutons à l’abattoir. »

Cette phrase attribuée à George Washington est aussi claire que limpide : sans liberté d’expression, nous ne serions donc que des mêmes condamnés, de bons petits consommateurs 2.0 et ce, sans se poser de question.

Si Google, Facebook, Apple, Amazon et Twitter se sont alliés, ce n’est probablement pas pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Chacune de ces entreprises à une position largement dominante sur le marché :

  • Google ne se gène pas pour avoir la ligne informative la plus neutre possible dans Google Actualité, un peu comme si BFM avait policé les sujets choisis dans un conformisme illimité.
  • Amazon se permet de vous faire livrer n’importe quoi, chez vous, en un temps record tout en empêchant le réseau Parler d’être hébergé chez eux 24h après la disparition de l’application sur le play store de Google et sur l’apple store.
  • Facebook est le réseau social qui compte le plus de membres et ne va bientôt pas se gêner pour vous cibler encore plus lors des publicités via les données qu’ils récupèreront via WhatsApp.
  • Apple vous propose des produits à obsolescence programmée garantie, un nouveau modèle tous les ans, car au final, un iphone n’aura jamais une durée de vie supérieure à quelques années.
  • Twitter censure tout et n’importe quoi qui ne correspond pas à son schéma de penser : si vous n’êtes pas dans le moule du progressisme conformiste, vous n’aurez pas le droit de citer car vous serrez signalé par des groupes entiers qui utilisent les failles de modération via des robots pour vous éjecter de la plateforme.

L’alliance de ces entreprises en croisade contre Donal Trump a probablement montré ce qu’il y avait de pire dans notre monde virtuel. Ces « big techs » peuvent contrôler qui elles veulent, quand elles veulent, sans se soucier des dommages collatéraux que sont les utilisateurs lambda de Parler.

Lire aussi: Twitter et Facebook ont banni Donald Trump, et après? ( Oumar Watt)

Bien évidement les hordes de progressistes viendront vous dire que Parler n’était que le nouveau repère de fascistes et de Qanons… Mais en réalité, Parler était un espace sans modération, qui rappelait tout ce qui faisait la magie d’un internet d’autrefois : chacun pouvait parler librement. La liberté d’expression était donc la clé de ce réseau social.

De plus, condamner Parler pour les propos de ses utilisateurs reviendrait à rendre Apple responsable de l’utilisation qui peut être faîte de ces téléphones, Amazon responsable de l’utilisation des produit que l’on peut acheter.

En attaquant de manière conjointe le réseau Parler, ces géants du net ont prouvé qu’ils n’aimaient, ni la concurrence, ni la dissidence. Ils peuvent faire disparaître le contenu numérique qu’ils veulent et vous devez donc vous soumettre aux modes de penser de ces entreprises ou disparaître.

Ceci n’est en aucun cas acceptable, car ces entreprises n’ont pas le monopole pour nous dicter quoi et comment penser. Les GAFAs commencent à avoir un pouvoir qui devient bien trop important dans le façonnage de la pensée. Il n’y a qu’à voir comment l’action a été coordonnée en moins de 48h après l’« attaque du Capitole », tous unis pour réduire au silence un Président en exercice dans son propre pays. Et s’ils sont capables de faire ceci aux Etats-Unis, ils le feraient probablement bien plus facilement dans d’autre pays dit « démocratiques ».

Il semble donc nécessaire d’établir une régulation stricte de ces acteurs du numérique qui grignotent, petit peu par petit peu, la liberté d’expression des autres ; Qu’il s’agisse du Président des USA, de vous ou de moi. Il apparaît nécessaire de réguler ces entreprises qui deviennent plus importantes que les États.

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Dans le cas de Google, Facebook et Twitter, il ne faut jamais oublier la devise : « Quand c’est gratuit, c’est toi le produit », qui symbolise à merveille le fait que nous sommes les tributaires de cette gratuité mais cette gratuité n’est pas réelle et suppose une contrepartie d’abandon de nos données. A force de publicités ciblées, vous pouvez remarquer qu’ils connaissant probablement mieux votre vie privée et votre navigation internet que vous.

Mais il appartient à tout un chacun de se prémunir de ces méthodes, en quittant simplement ce type de plateformes qui ne sont fondamentalement pas là pour le bien être de l’humanité.

Lorsque le numérique déborde sur le réel, c’est que la frontière entre les deux devient trop perméable et qu’il convient de garder cette ligne de démarcation afin que le numérique n’oriente pas le réel de manière bien trop dominante, unilatérale et orientée vers des intérêts bien loin de l’intérêt général.

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. » – Aldous Huxley

Par Leonard

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