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l’enquête de l’IGPN révèle des incohérences dans le témoignage des policiers

Après six mois d’investigations, l’audition d’experts, de témoins et des policiers mis en cause, ainsi que la consultation de multiples vidéos tournées au moment des faits, l’enquête menée par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) – révélée par Libération et Mediapart et que Le Monde s’est aussi procurée –, permet d’avoir une vision claire du déroulé de l’interpellation musclée début janvier de Cédric Chouviat, ce livreur de 42 ans, qui mourra deux jours plus tard. L’autopsie pratiquée sur le corps du défunt a révélé « des manifestations asphyxiques nettes associées à une fracture hémorragique des deux cornes du cartilage thyroïde ».

L’enquête met aussi au jour des incohérences dans la version des faits livrée par les policiers. L’avocat de deux des policiers, Laurent-Franck Liénard, relativise d’emblée : « Avec le temps, des choses reviennent et disparaissent, c’est normal. Une audition peut être différente à chaud, cela ne veut pas dire qu’il y a une systématisation du mensonge dans la police. »

Auditionnés en garde à vue le 17 juin, trois d’entre eux ont depuis été mis en examen pour « homicide involontaire » dans le cadre d’une information judiciaire ouverte début janvier. La quatrième fonctionnaire de police concernée a été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

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Ce 3 janvier, peu avant 9 h 54, Ludovic F., 23 ans, Arnaud B., 28 ans, Laura J., 28 ans également et Michaël P., 33 ans, membres de l’équipage de police secours du commissariat du 7e arrondissement de Paris, patrouillent en voiture quai Branly non loin de la tour Eiffel et repèrent un homme en scooter. Les vidéos exploitées par l’IGPN montrent l’homme en train de manipuler son téléphone portable alors qu’il conduit. Les policiers décident de procéder à son contrôle. A ce stade, la version des forces de l’ordre diverge avec certains éléments de l’enquête de l’IGPN.

Plusieurs policiers rapportent en effet que l’un des deux passagers avant du véhicule aurait baissé sa vitre pour entrer en contact avec l’homme poursuivi. Ce dernier aurait alors fait un geste avec son bras pour signifier son indifférence. « Il a levé sa main gauche au niveau de son épaule gauche, nous laissant comprendre qu’il s’en foutait », déclare lors de son audition Michaël P., qui occupe ce jour-là le poste de chef de bord.

Caméra pas activée

Se basant sur des vidéos, les enquêteurs de l’IGPN décrivent une autre réalité : « On y voit M. Chouviat tenir en main son téléphone puis le lâcher, mais à aucun moment on ne le voit faire ce geste, ni aucun autre d’ailleurs. » Il est précisé que « ces images ne montrent pas l’abaissement des vitres » évoqué par les policiers.

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