Europe France

Le Royaume-Uni s’apprête à suspendre son traité d’extradition avec Hongkong

Le ministre des affaires étrangères britannique, Dominic Raab, le 14 juillet 2020.

Le Royaume-Uni doit annoncer la suspension, lundi 20 juillet, de son traité d’extradition avec Hongkong, marquant une nouvelle escalade dans les tensions avec la Chine après l’instauration d’une loi de sécurité nationale imposée par Pékin dans l’ancienne colonie britannique.

Londres considère que la nouvelle loi porte atteinte aux libertés garanties dans la région administrative spéciale – y compris l’indépendance du système judiciaire. La suspension du traité empêcherait toute démarche de Hongkong demandant l’extradition d’un de ses ressortissants depuis le Royaume-Uni pour un jugement ou une incarcération sur son sol.

Le ministre des affaires étrangères, Dominic Raab, doit annoncer le gel de ce traité devant le Parlement lundi après-midi, selon plusieurs médias au Royaume-Uni – ce que ne confirmait pas son cabinet, lundi matin, a relayé l’agence de presse Reuters.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Sur Hongkong, les contre-sanctions chinoises suivent les sanctions américaines

Boris Johnson pour un « équilibre » face à la Chine

En visite dans une école dans le Kent (sud-est), lundi matin, Boris Johnson a affirmé la nécessité d’un « équilibre » quant à la position du Royaume-Uni face à la Chine. Le premier ministre a déclaré qu’il allait maintenir une ligne « dure » mais ne deviendrait pas « quelqu’un d’automatiquement anti-Chine ». Les Etats-Unis, l’Australie et le Canada ont déjà suspendu leur traité d’extradition avec Hongkong.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les tensions montent entre la Chine et le Royaume-Uni

Le gouvernement chinois a d’ores et déjà réagi à la possible suspension, par la voix de Wang Wenbin, l’un des porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois. « Ces remarques concernant Hongkong font abstraction du fait que la loi sur la sécurité nationale va dans le sens du projet Une Chine, deux systèmes », a-t-il souligné, en référence au principe de gouvernance régissant la région administrative spéciale depuis sa rétrocession à Pékin, en 1997.

Les autorités de Hongkong et de Pékin défendent la nouvelle loi, indispensable à leurs yeux pour combler les failles dans la sécurité nationale révélées par les récents mouvements de contestation prodémocratie et antichinois, et la Chine a invité à plusieurs reprises les grandes puissances occidentales à cesser leur « ingérence » dans ce dossier.

« Le changement est en train d’arriver »

« J’ai parlé à de nombreux membres du parlement à ce sujet, et j’ai obtenu un soutien très fort sur l’idée de suspendre le traité d’extradition avec Hongkong. Le changement est en train d’arriver », s’est félicité, quelques heures avant l’annonce probable de la suspension, Nathan Law, l’un des chefs de file de l’opposition au gouvernement pro-Pékin de Carrie Lam, qui a décidé à la mi-juillet de s’exiler à Londres.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pékin déploie son arsenal de mesures de contrôle à Hongkong

L’annonce interviendrait quelques jours après que le Royaume-Uni est revenu sur sa décision de soutenir l’implantation du groupe de télécommunication chinois Huawei sur son territoire pour le développement du réseau 5G, notamment pour des raisons de souveraineté et de sécurité.

Au début du mois de juillet, Londres avait annoncé étendre l’accès à son sol pour près de trois millions de ressortissants de Hongkong éligibles à un passeport d’outre-mer britannique (BNO). Ils pourront travailler au Royaume-Uni pendant cinq ans, contre six mois actuellement, et à terme demander la citoyenneté.

Cet aménagement intervient après des mois de manifestations prodémocratie, et a provoqué la colère de Pékin. Il concerne les personnes éligibles à un BNO, soit les Hongkongais nés avant la rétrocession, ainsi qu’à leurs enfants, s’ils n’ont pas atteint la majorité.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters




Source link

Laisser un commentaire