Europe France

le « hakagate » de Bernard Laporte, descente en kayak et drapeau volé

Ce qui aurait pu se passer ce 28 juillet

Un président de fédération ne devrait pas faire ça, même à une heure avancée de la nuit au club France de Tokyo. Mais Bernard Laporte est le patron du rugby français heureux. Alors il fait tomber la chemise et improvise un haka devant les caméras de France Télévisions. Sans penser aux conséquences.

« Il s’agit d’un manque de respect de la culture maorie. C’est incompréhensible qu’un haut dirigeant du rugby mondial, comme M. Laporte, ne comprenne toujours pas ça », dénoncera quelques heures plus tard Kahu Ropata, conseiller culturel de la tribu maorie Ngati Toa.

Le président de la FFR s’excusera et plaidera un « enthousiasme mal contrôlé ». Il fait référence à l’exploit de la veille. Comme à Twickenham en 1999 ou à Cardiff en 2007, les Bleus viennent de broyer du All Black, mais cette fois il s’agit de rugby à VII. Dernière qualifiée pour ces JO, l’équipe de France était promise à une déculottée face aux Néo-Zélandais. A 14-0 à la pause, elle en prenait la direction.

Et puis, il y a eu trois minutes de grâce pour autant d’essais. Tout débute par cette relance kamikaze de Jean-Pascal Barraque sous ses poteaux pour finir en terre promise après deux coups de pied à suivre, puis la chevauchée de Rémi Siega sur son aile et enfin l’essai de raccroc de Stephen Parez, après une pénalité jouée rapidement alors que les Néo-Zélandais regardaient ailleurs. « C’est une grande date pour le VII en France, le résultat du travail de la fédération depuis 2016 », se réjouit un Bernard Laporte encore en chemise. Avec trois victoires en trois matchs, les Bleus rêvent déjà de podium.

Spoiler : plus réaliste sous la pluie, l’Angleterre douchera les espoirs français en quart de finale.

Le Covid nous a aussi privés…

… de la défaite au 2e tour du tournoi de tennis de Roger Federer, surpris par un Benoît Paire dont la story Instagram de le veille indiquait pourtant une belle découverte des bars karaoké de Shibuya.

… de ce magistral tomoe-nage administré par la judokate française Clarisse Agbegnenou en finale des − 63 kg à son adversaire, la locale Miku Tashiro. Une planchette japonaise si vous préférez.

… des séries du 100 m nage libre et des difficultés d’un concurrent du Bhoutan à terminer sa seconde longueur. Pour trois secondes, il bat tout de même le 1 min 52 s 72 de l’inoubliable Eric Moussambani en 2000.

Elle aurait dû y être

Marie-Zélia Lafont, 33 ans, kayak (slalom):

« Ce 28 juillet, je serai à l’entraînement [entretien réalisé le 27 juin]. On partira pour un stage à Vaires-sur-Marne [Seine-et-Marne], le bassin des Jeux de Paris 2024. Pour l’instant, je ne pense pas à 2024. On verra bien d’ici-là. Déjà, je dois me qualifier pour Tokyo l’année prochaine.

Marie-Zélia Lafont, le 30 septembre 2017 à Pau.

Dans ma catégorie, les qualifications olympiques devaient se dérouler fin mars-début avril et ont été annulées à cause du Covid-19. On ne savait pas trop combien de temps ça allait durer, mais je me suis adaptée pour être prête en octobre. Je vais jouer ma qualification à Pau sur le bassin Tony Estanguet. En K1 comme dans les autres disciplines en canoë-kayak, il y a une seule place par pays. Je vais jouer ma qualification sur trois descentes. Je me projette d’abord sur octobre avant de penser à 2021.

Depuis quelques semaines, on est reparti sur une préparation de début de saison, comme si on était en novembre-décembre. Si je suis qualifiée, le report des JO va me laisser le temps de régler certains détails. Par exemple, j’ai changé de bateau et le nouveau est plus nerveux. J’aurai davantage d’heures de travail dessus. Mais un an de plus ou de moins, ça ne change pas ma vie. Tokyo me fait rêver depuis quatre ans et je suis toujours aussi motivée. Oui, j’ai 33 ans, mais ça va quand même [rires]. Mon corps encaisse encore bien.

A Rio en 2016, je n’ai pas réussi à m’exprimer et je n’ai pas franchi les qualifications. Il reste un petit goût d’amertume. Mais ça me donne encore plus envie de retrouver les JO et de prendre ma revanche. La France est une des nations fortes du canoë-kayak en slalom, on est toujours très attendus aux Jeux pour gagner ou au moins faire une médaille.

J’ai eu l’occasion de découvrir le bassin de Tokyo à l’automne 2019. C’est un très beau bassin et le cadre est magnifique. Il est plutôt tracé en ligne droite avec une grosse chute au début. Quand la météo est dégagée, on voit même le mont Fuji. L’infrastructure est parfaite. Il est presque aussi beau que mon bassin d’Orthez [rires]. Malgré le fait que tous les bassins sont désormais artificiels aux Jeux, ils ont tous leur spécificité par rapport à leur pente, l’aménagement, la façon dont sont placés les plots. On n’a pas l’impression de pagayer sur le même bassin. Loin de là. »

Il n’y a qu’aux JO qu’on voit ça

Dawn Fraser, reine de la natation et voleuse de drapeau

A Tokyo en 1964, l’Australienne Dawn Fraser entre dans la légende en remportant pour la troisième fois consécutive l’épreuve reine de la natation : le 100 m nage libre. Mais la nageuse est aussi une grande gueule et un esprit fondeur en lutte perpétuelle avec sa fédération australienne.

A la veille de la cérémonie de clôture, Fraser passe devant le palais impérial avec d’autres nageuses australiennes quand ces dernières la mettent au défi de voler le drapeau olympique. Pas du genre à se défiler, elle enjambe le mur d’enceinte, monte sur les épaules d’une camarade et va pour décrocher le drapeau quand une de ses amies l’alerte de l’arrivée de policiers.

Dans son autobiographie, Fraser raconte comment elle tente alors de se cacher derrière un arbuste avant d’emprunter le vélo d’un des policiers pour leur échapper. Plus à l’aise dans l’eau que sur deux roues, elle termine sa fuite dans un mur avant d’être arrêtée.

Fraser passe quelques heures au poste de Marunouchi et, pour ne rien arranger, n’a pas ses papiers d’identité sur elle. Un ami, Lee Robinson, qui tournait alors un documentaire sur elle, lui apporte son passeport et la police japonaise, plutôt conciliante, décide de la relâcher contre des plates excuses.

Le lendemain, Fraser participe à la cérémonie de clôture et reçoit juste après un paquet avec un petit mot : « Avec les compliments de la police ». En Australie, l’affaire fait beaucoup moins sourire. La fédération profite de l’occasion pour suspendre la voleuse pour dix ans. Fraser attaquera la décision en justice et obtiendra gain de cause juste avant les Jeux de Mexico en 1968. Trop tard. La première femme à avoir nagé sous la minute au 100 m s’est déjà rangée des bassins.

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