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Le djihadiste Tyler Vilus échappe à la réclusion criminelle à perpétuité

Tyler Vilus entendu par la cour d’assises spécialement composée de Paris, ici le 25 juin.

Tyler Vilus a été déclaré coupable des trois infractions criminelles qui lui étaient reprochées, mais il échappe à la réclusion à perpétuité qui avait été requise contre lui.

Le djihadiste français de 30 ans a été condamné, vendredi 3 juillet, à trente ans de prison assortis d’une période de sûreté des deux tiers par la cour d’assises spécialement composée de Paris, selon laquelle l’accusé a bien adhéré à une association de malfaiteurs terroriste en Syrie, dirigé un groupe terroriste, et participé à la commission de deux meurtres.

Incarcéré depuis 2015, il pourra formuler sa première demande d’aménagement de peine en 2035 ; il aura alors à 45 ans.

« Il était possible » de condamner Tyler Vilus à la perpétuité, a rappelé Laurent Raviot, le président de la cour, dont les cinq magistrats ont décidé, au bout de dix heures de délibération, de « laisser une lueur d’espoir » à l’accusé pour lui permettre d’« évoluer ». « Je vous remercie », a commenté, impassible, Tyler Vilus, à qui le président a demandé de garder en tête la différence entre « la justice rendue dans une République comme la nôtre et la manière dont la justice a été rendue à Shaddadi en avril 2015 ».

« Un djihadiste intégral, complet, kaléidoscopique »

C’est pour sa participation, à cette époque, dans cette ville de l’est de la Syrie, à l’exécution de deux opposants à l’organisation Etat islamique (EI) que Tyler Vilus a été déclaré coupable de « meurtres en bande organisée », en vertu du principe de la coaction.

« Il n’est pas celui qui tire, mais il est de ceux qui participent à la sécurisation de la scène de crime », avait affirmé l’avocat général Guillaume Michelin, estimant que son talkie-walkie et son positionnement, juste derrière les condamnés et à proximité des bourreaux, signaient sa participation active aux exécutions. Tyler Vilus, lui, dit être tombé par hasard sur cette scène à la sortie de la mosquée.

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« Dans notre cour d’assises, on n’avait jamais eu à juger un membre de l’EI tel que l’accusé », a souligné Guillaume Michelin. Tyler Vilus est, à l’évidence, d’un calibre supérieur aux djihadistes que la justice française avait déjà vu passer devant elle – il était le premier à comparaître en France pour des crimes commis à l’étranger. « Un djihadiste intégral, complet, kaléidoscopique », ayant tenu les rôles de recruteur, propagandiste, policier, combattant, et dont le parcours, depuis son installation en Syrie début 2013, « est calqué sur la construction du califat ».

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