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L’Australie poursuit Google pour une utilisation abusive des données personnelles des utilisateurs

Le régulateur australien de la concurrence a lancé une action en justice contre la firme de Mountain View, accusée d’avoir induit en erreur les consommateurs locaux à des fins de publicité ciblée.

L’Australian Competition & Consumer Commission (ACCC), la Commission australienne de la concurrence et de la consommation, a annoncé lundi 27 juillet avoir lancé une procédure devant la Cour fédérale australienne contre Google LLC, filiale du groupe Alphabet, au motif que celle-ci aurait utilisé de façon abusive les données personnelles des utilisateurs australiens, pour se livrer à de la publicité ciblée. Le régulateur réclame une forte amende.

Pour la Commission australienne de la concurrence, Google a augmenté ses profits en induisant en erreur les consommateurs

Pour le gendarme australien de la concurrence, Google n’a pas obtenu le consentement explicite des consommateurs et n’a pas suffisamment bien informé ces derniers d’une décision prise en 2016 permettant de combiner les données personnelles issues de comptes Google (ce qui fut uniquement le cas jusqu’à maintenant) avec des activités sur des sites web autres que ceux de Google.

Le géant américain aurait ainsi induit en erreur les Australiens sur l’utilisation de leurs données personnelles, collectées à des fins de publicité ciblée. Le président de la Commission, Rod Sims, estime que les modifications apportées par Google en 2016 ont « considérablement augmenté la portée des informations personnelles » collectées par l’entreprise sur les consommateurs, ce qui comprenait des informations parfois très sensibles, et privées.

« Nous avons introduit des fonctionnalités facultatives pour votre compte, vous donnant plus de contrôle sur les données que Google collecte et leur utilisation, tout en permettant à Google de vous montrer des annonces plus pertinentes ».

Extrait du message de Google pour lequel les utilisateurs australiens devaient cliquer sur « J’accepte », du 28 juin 2016 à décembre 2018 (au moins).

Du côté de Google, on nie tout acte malhonnête et on affirme que les notifications étaient bien visibles et faciles à comprendre. Mais le régulateur australien est ferme : pour lui, les utilisateurs de Google ont bien été invités à accepter les modifications apportées. Toutefois, leur choix fut guidé sans disposer de suffisamment d’informations nécessaires à un consentement libre, précis et éclairé.

Google nie, mais des millions d’Australiens potentiellement impactés

Rod Sims soutient que la politique de confidentialité trompeuse de Google (de relier les données de site hors-Google à celles du compte Google de l’utilisateur) a permis à la firme de Mountain View d’en tirer des avantages financiers, et de considérablement augmenter la valeur de ses produits publicitaires, ce qui est clairement dénoncé par l’entreprise. « Si un utilisateur n’acceptait pas (les modifications), son expérience de nos produits et services restait inchangée », affirme-t-elle.

L’ACCC précise que plusieurs millions d’Australiens utilisant un compte Google auraient été impactés. « Nous pensons que de nombreux consommateurs, s’ils avaient eu un choix éclairé, auraient pu refuser à Google l’autorisation de combiner et d’utiliser un si large éventail de leurs informations personnelles pour le bénéfice financier de Google », ajoute le Président de la Commission.

La Cour fédérale australienne a désormais le dossier entre ses mains. Elle pourrait condamner Google à des millions de dollars australiens d’amende.

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