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Karim Bouamrane, symbole d’une révolution discrète à Saint-Ouen

Karim Bouamrane, 47 ans, nouveau maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 19 juillet.

Il a voulu démarrer sa première allocution par une « belle phrase », une « phrase douce ». Comment trouver une accroche qui puisse transcender le côté « symbolique » et « historique » de son élection ? Comment dire qu’on compte parmi les premiers maires français d’origine maghrébine à diriger une ville de plus de 50 000 habitants sans vraiment… le dire ?

Le 4 juillet, lors du premier conseil municipal de sa mandature – et juste après avoir senti l’écharpe tricolore le ceindre –, cet homme de 47 ans a su choisir ses mots : « Je m’appelle Karim Bouamrane, fils de Sadia et Allal Bouamrane, et je suis le nouveau maire de Saint-Ouen », a-t-il déclaré devant ses administrés. « Cette intro vaut des milliers de discours », confie-t-il.

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En une seule phrase, le maire de Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) a rendu hommage à ses parents, venus en 1969 du Maroc, et à travers eux à tous les immigrés d’Afrique ou d’ailleurs qui ont confié la suite de leur destinée – et celle de leurs enfants – à la France.

« Cette phrase, c’est aussi un hommage à l’histoire de la ville, aux damnés de la terre, explique-t-il. Certains ont francisé leur nom pour réussir. Il n’est plus question de demander l’autorisation pour atteindre l’excellence. » Son « apparence », comme il dit, n’a jamais été pour lui un argument de vente électoral, dans une municipalité où la population immigrée représente, selon l’Insee, 31,2 % des habitants. Le plus important est de faire émerger « une élite populaire » : « C’est ça, la vraie histoire », jure-t-il.

Trente ans de militantisme

Sa fierté est donc de voir la diversité des profils de ses treize adjoints, qui ont reçu leur délégation lors du conseil municipal du 15 juillet : Sophie Dernois, professeure des écoles ; Adel Ziane, directeur des relations extérieures du Musée du Louvre, ou encore Jean-François Clerc, chef de mission dans l’enseignement supérieur… « Pour moi, le combat n’a jamais été cultuel ou ­ethnique, mais social, culturel et politique. Avec une ligne directrice : faisons en sorte que l’idéal républicain puisse être d’actualité », confie le nouveau maire.

Avec sa liste Réinventons Saint-Ouen, ce socialiste aussi sec qu’un sportif de haut niveau a réussi à conquérir la ville (38,09 %) après une triangulaire qui l’a opposé au maire (Union des démocrates et indépendants, UDI) sortant, William Delannoy (32,53 %), et à Denis Vemclefs, soutenu par le Parti communiste (PCF) et Génération. s (29,39 %).

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