Gabon

Il n’y a rien à attendre du gouvernement Ossouka Raponda, selon le RPM


Le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) a soutenu dans une déclaration lue samedi à Libreville par le Secrétaire général du Parti, Faustin Laurent Bilie Bi Essone, qu’il n’y a rien à attendre du gouvernement formé le 17 juillet dernier par le nouveau Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda.Le fait de nommer pour une première fois une femme à la tête d’un gouvernement n’est pas un gage de succès, soutient le RPM. Au contraire, « au-delà de la nomination d’une femme à la Primature, qui apparaît comme la dernière trouvaille du pouvoir pour masquer le bilan calamiteux d’Ali Bongo au sommet de l’Etat depuis onze (11) ans, il n’y a rien à attendre de cet énième changement à la tête du Gouvernement », souligne le texte qui rappelle que le Gabon a connu 5 Premiers ministres durant les onze dernières années.

« Sous le règne d’Ali Bongo et les siens, la force prime sur le droit et la souveraineté du peuple n’est qu’un vain mot. Les droits fondamentaux et les libertés individuelles n’ont jamais été aussi massivement violés. Les réunions publiques et les manifestations de l’opposition sont systématiquement interdites ou brutalement réprimées. Ils ne conçoivent la justice qu’aux ordres et à leur service. Tous les autres pouvoirs constitutionnels doivent leur être subordonnés et l’idée de contre-pouvoirs les révulse », tance encore le RPM connu pour ses diatribes contre le pouvoir qu’il ambitionne de terrasser par les urnes.

« Nos concitoyens demeurent confrontés à la non-satisfaction de leurs besoins élémentaires à savoir : l’accès à l’eau et à l’électricité, à un système de santé de qualité dont la pandémie du coronavirus est venu souligner l’extrême faiblesse, à un système scolaire et universitaire adapté aux défis du moment, aujourd’hui complètement déstructuré, à un logement décent, à un emploi notamment pour les jeunes, en proie à un chômage massif, à un réseau routier praticable, en toute saison, sur l’ensemble du territoire, à des revenus permettant à chacun de vivre dignement », rappelle le parti qui regrette que tous les grands projets initiés dans le cadre du Plan stratégique Gabon émergeant (PSGE) ne soient pas tous arrivés à terme. Le parti accuse les proches du pouvoir d’avoir détourné les financements dégagés dans le cadre de ces projets.

« Le RPM voudrait donc attirer l’attention de nos compatriotes, qu’ils n’ont rien à attendre de ce gouvernement et du nouveau Premier Ministre, fût-elle une femme, qui ne sera qu’un faire-valoir de plus, comme tous les autres qui l’ont précédé, à qui on fera porter le chapeau et qui sera à son tour, le moment venu, remercié sans aucun ménagement », insiste ce parti de l’opposition qui fourbi ses armes dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023.

Le parti présidé par Alexandre Barro Chambrier regrette par ailleurs le recul des libertés publiques hautement acquises par les gabonais depuis le retour au multipartisme.

Ainsi l’article 267 du nouveau code pénal punit-il de peines de prison, quiconque émettra des doutes sur la filiation d’autrui. Le RPM se demande ce que cache réellement cette disposition répressive d’un autre temps.

Ce recul des libertés, jadis circonscrit à l’action politique et syndicale vient de s’inviter sur le terrain religieux, constate le parti qui rappelle que le nouveau code pénal, dans son article 221, expose les ministres des cultes à des poursuites judiciaires pour délit d’opinion lors de leurs sermons.

Le RPM est particulièrement remonté contre le pouvoir pour avoir débauché il y a deux ans son Secrétaire général, Michel Menga promu au gouvernement.

Camille Boussoughou




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