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« Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin sont deux contre-symboles de la lutte contre les violences faites aux femmes »

Tribune. Cette tribune est un cri de désespoir des victimes de violences intrafamiliales. Comment comprendre et surtout accepter ces deux nominations tant au ministère de la justice qu’au ministère de l’intérieur ? Et ce malgré la récente levée de bouclier des parlementaires LRM et des intéressés eux-mêmes qui tentent vainement de les justifier.

En effet, elles constituent au-delà d’une déclaration de guerre qui reconnaît ses adversaires, une volonté affichée du gouvernement d’ignorer purement et simplement les victimes et de museler leur parole, récemment libérée à travers notamment les affaires d’Alexandra Lange [après avoir subi la violence de son mari pendant douze ans, et alors qu’il essayait de l’étrangler, cette femme l’a tué à coup de marteau, la justice a estimé qu’il s’agissait de légitime défense et l’a acquittée en 2012], de Jacqueline Sauvage [condamnée à dix ans de prison ferme pour le meurtre de son mari qui la battait, elle a été graciée par le président François Hollande en 2016] et surtout les mouvements Metoo et Balance ton porc.

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Même si l’on doit demain être brûlées comme « sorcières » sur la place publique, alors oui nous nous devons de « balancer »… Dès 2017, le président de la République a affiché comme grande cause nationale la lutte contre les violences faites aux femmes.

Or, Messieurs Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin sont à l’évidence deux contre-symboles affirmés de cette volonté de 2017 : une sorte de provocation caractérisée et traumatisante annihilant tout l’espoir suscité il y a trois ans.

Les femmes victimes en danger

Comment toutes ces femmes victimes et ces enfants peuvent-ils aujourd’hui ne pas se sentir en danger, quand on sait que notre nouveau ministre de la Justice va mettre en place une politique pénale avec des objectifs favorables aux auteurs de violence, déjà dévoilés, lesquels seront nécessairement en cohérence et en corrélation avec ceux du ministre de l’Intérieur.

Le respect du secret de l’instruction, la défense de la présomption d’innocence, les peines de substitution, la réfection des prisons ne sont autres que les premiers signaux d’un programme affiché et clair d’un ancien avocat des auteurs notamment des violences conjugales, dont est exclue toute réflexion réelle et profonde dans l’intérêt des victimes. Notre garde des Sceaux, alors avocat, prônait même la disparition des parties civiles dans le cadre du procès pénal…

Ainsi, s’exprimait-il récemment sur France Info le 7 juillet en soulignant : « La victime prend toute la place dans le procès pénal alors qu’il est d’abord fait pour qu’un accusé soit jugé et puisse se défendre. Le contradictoire qu’apporte la défense d’un accusé est plus important que la défense de la victime. Elle n’a pas à être défendue puisqu’elle n’est accusée de rien. Après un drame, la priorité pour une victime n’est pas de se repaître de ce drame mais d’essayer d’aller vers la résilience. »

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