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Emmanuel Macron remanie son équipe à l’Elysée

Un remaniement peut en cacher un autre. Après avoir changé de premier ministre (Jean Castex pour Edouard Philippe), modifié plusieurs têtes d’affiches de son gouvernement (départs du ministre de l’intérieur Christophe Castaner et de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, arrivées d’Eric Dupond-Moretti à la justice et de Roselyne Bachelot à la culture, assorties de la promotion du ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin à l’intérieur) et avant de voir le président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, céder sa place au mois de septembre, Emmanuel Macron profite de l’été pour remodeler son cabinet à l’Elysée. Une manière de préparer l’élection présidentielle de 2022, même si certains mouvements se font de manière contrainte et forcée.

Son conseiller spécial, Philippe Grangeon, qui l’accompagne depuis la campagne de 2017, va en effet quitter la présidence de la République, le 15 septembre, afin de prendre sa retraite – un vœu qu’il exprimait depuis déjà plusieurs mois. Ce départ s’effectue « contre le désir du président, qui a tout fait pour l’en dissuader », assure un cadre de la majorité. L’ancien dirigeant de Capgemini, âgé de 63 ans, occupait un bureau au palais de l’Elysée depuis février 2019. « C’est une vraie retraite, un choix de vie, ce n’est pas politique », veut convaincre un proche de M. Grangeon. D’aucuns rapportent néanmoins que l’intéressé éprouvait de la frustration ces derniers mois, faute de peser suffisamment sur certains arbitrages comme le dossier des retraites, qui l’a vu s’écharper avec le cabinet d’Edouard Philippe lorsque ce dernier se trouvait à Matignon. Cet ex-collaborateur de l’ancienne patronne de la CFDT, Nicole Notat, ardent promoteur du dépassement des clivages politiques, était considéré comme l’hémisphère gauche du chef de l’Etat.

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Son ou ses remplaçants n’ont pas encore été trouvés. « Il n’existe aucun profil associant sa proximité avec le président et sa sensibilité politique personnelle, qu’il a cultivée tout au long de sa carrière », estime un macroniste de la première heure. Une des pistes consisterait à ne pas effectuer un remplacement poste pour poste mais à s’appuyer sur « le renfort d’un ou de quelques poids lourds de la majorité » dans le cadre d’une réorganisation du cabinet, rapportent plusieurs sources. « Mais cela va prendre du temps. Le deuil de Philippe Grangeon n’est pas facile à faire pour le président », souligne-t-on.

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