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Des raids israéliens dans l’est de la Syrie font au moins 57 morts

Les frappes aériennes israéliennes dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 janvier sont parmi « les plus meurtrières » jamais menées par l’Etat hébreu dans une Syrie en guerre depuis 2011, selon une organisation non gouvernementale (ONG). Au moins 57 soldats et combattants prorégime ont été tués lors de ces raids qui visaient des positions militaires dans l’Est syrien, selon un nouveau bilan fourni par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les raids ont tué 14 membres des forces du régime et 43 combattants rattachés à des milices favorables à l’Iran, parmi lesquels 16 Irakiens, a fait savoir l’OSDH.

Depuis le début de la guerre en Syrie, en 2011, Israël a mené des centaines de frappes contre les effectifs de ses ennemis jurés, ciblant les troupes gouvernementales, les forces alliées iraniennes et les combattants du Hezbollah. Ces dernières semaines, les bombardements imputés à Israël se sont intensifiés dans l’est de la Syrie, où des milices de combattants étrangers parrainées par l’Iran sont déployées dans la province de Deir ez-Zor, frontalière de l’Irak.

Les frappes ont visé des entrepôts d’armes et des positions militaires, notamment aux abords de la ville de Deir ez-Zor, d’Al-Boukamal et de Mayadin, a précisé le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Le secteur accueille des combattants du Hezbollah et de la Division des Fatimides, rassemblant des combattants afghans pro-Iran, d’après l’OSDH.

L’armée israélienne n’a toujours pas réagi à ces informations.

Les raids menés dans la nuit de mardi à mercredi sont « les plus meurtriers » depuis des frappes en juin 2018 dans cette même province de Deir ez-Zor, selon M. Abdel Rahmane. A l’époque, 55 combattants prorégime, des Syriens et des Irakiens, avaient été tués, a-t-il rappelé.

L’agence officielle syrienne SANA a fait état de frappes israéliennes nocturnes sans fournir de détails. « A 1 h 10 du matin [heure locale, 0 h 10, heure de Paris], l’ennemi israélien a mené une agression aérienne contre la ville de Deir ez-Zor et la région d’Al-Boukamal », a fait savoir SANA, citant une source militaire. « Les conséquences de l’agression font actuellement l’objet de vérification », a laconiquement ajouté la source.

« Politique claire »

Tout au long de la journée de mardi, déjà, des avions non identifiés avaient mené plusieurs séries de raids dans la région d’Al-Boukamal, tuant 12 combattants des milices pro-Iran, a rapporté l’OSDH, qui n’avait pas fourni dans l’immédiat un bilan pour ces frappes.

Israël n’a de cesse d’affirmer qu’il ne permettra pas à la Syrie voisine de devenir la tête de pont des forces iraniennes. En 2020, Israël a ainsi frappé une cinquantaine de cibles en Syrie, d’après un rapport annuel publié par l’armée israélienne. Ces raids représentent une « politique claire » d’Israël, avait déclaré en novembre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

Les précédentes frappes meurtrières ont eu lieu il y a moins d’une semaine, visant le 7 janvier des positions dans le sud de la Syrie et au sud de la capitale, Damas. Trois combattants pro-Iran avaient alors péri. Des observateurs ont fait part de leurs craintes que Donald Trump et Israël accentuent la pression contre l’Iran et ses alliés régionaux dans les derniers jours du mandat du président américain.

Déclenchée en 2011 par la répression brutale de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie s’est complexifiée au fil des ans, impliquant plusieurs puissances et groupes armés étrangers. Elle a fait plus de 380 000 morts et entraîné le déplacement de millions de personnes.

Le Monde avec AFP


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