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Darmanin se demande « pourquoi les sanctions n’ont pas été prises »

« Si les faits sont avérés » dans l’affaire des policiers accusés de racisme au tribunal de Paris, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, veut savoir pourquoi les sanctions proposées par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ne sont « pas encore mises en place », a-t-il expliqué mardi 28 juillet.

Dans un signalement à sa hiérarchie de mars 2019, révélé lundi par Streetpress, le brigadier-chef Amar Benmohamed dénonçait des « propos racistes » tenus de « façon régulière » de la part d’une gardienne de la paix à « l’adresse des déférés d’origine étrangère ». Dans l’article du site d’informations, ce fonctionnaire de police affirme que « sur un peu plus de deux ans, plus de mille prévenus ont été maltraités » au dépôt du tribunal.

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« Si ces faits sont avérés, il m’appartiendra de savoir pourquoi les préconisations de l’IGPN ne sont pas encore mises en place, pourquoi les sanctions, alors que ça fait une grosse année, n’ont pas été prises. Elles sont en cours m’a-t-on dit », a prévenu le ministre de l’intérieur interrogé par la commission des lois de l’Assemblée nationale. « Un rapport a été fait le 12 mars 2019, et l’IGPN a saisi le préfet de police le 6 juin 2019 », a-t-il ajouté.

« Un conseil de discipline se tiendra en septembre pour un des fonctionnaires et des sanctions administratives, blâme et avertissements sont en cours de notification pour cinq autres » au vu de « la gravité des faits allégués », avait annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) lundi la préfecture de police.

Une enquête ouverte

« L’IGPN a relevé des comportements tout à fait inappropriés de la part de six fonctionnaires de police : injures, agressivité, mensonges, désobéissance (je lis des termes utilisés par l’inspection générale). Elle a proposé bien avant la révélation par l’article de presse hier un renvoi devant le conseil de discipline avec quatre sanctions directes et une alternative aux poursuites disciplinaires et dans les quatre sanctions directes, il y a aussi M. Benmohamed », a rapporté M. Darmanin.

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« Fait rare, l’IGPN a fait treize préconisations et a demandé à la préfecture de police de les mettre en place pour mettre fin aux dysfonctionnements constatés », a-t-il assuré.

Selon le ministre, qui doit recevoir la patronne de l’IGPN Brigitte Jullien en « fin de semaine », il est aussi « un peu reproché » au brigadier-chef d’avoir dénoncé ses collègues « avec retard ».

« Visiblement, le ministre de l’intérieur veut s’en prendre à un lanceur d’alerte. On voit mal comment il pourrait y avoir une proposition de sanction » contre M. Benmohamed « sans son audition par l’IGPN en qualité de mis en cause », a réagi l’avocat du brigadier-chef, Me Arié Alimi. « Par ailleurs, M. Darmanin reproche la tardiveté des dénonciations de M. Benmohamed, qui n’était pourtant pas le supérieur des mis en cause et alors même qu’il a été le premier à dénoncer les actes », selon le conseil.

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Mardi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique » et « injures publiques » après les accusations de M. Benmohamed.

« S’il existe quelques agents qui ont sali l’uniforme de la République, ils n’ont plus rien à faire dans la police de la République », a conclu Gérald Darmanin.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters


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