Sénégal

COVID-19 au Sénégal : L’enseignement affecté par les limites de l’aménagement numérique.

Introduction 

En général, la disposition des activités et des hommes de façon équilibrée sur le territoire est un des moyens pour faciliter le développement. Il s’agit de l’aménagement du territoire. Avec le développement sans précédent des technologies numériques, les mêmes préoccupations d’équilibre sur le territoire se sont posées aux gouvernants aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. En effet, les outils numériques ont fini par créer un espace virtuel très prisé par ses propriétés inédites. Cet espace de communication électronique « ne vient ni se substituer ni se superposer passivement au traditionnel espace de la distance kilométrique… Il vient s’y mêler étroitement » (Bakis, 2014). En fonction des infrastructures et des équipements d’un territoire à un autre, l’utilisation des outils numériques diffère. On note dès lors  des disparités parfois très profondes causées par les TIC. Le contraste noté justifie la nécessité d’appliquer les principes d’aménagement du territoire au numérique. L’aménagement numérique du territoire est une action décisive pour permettre à tous les citoyens d’un pays ou du moins l’essentiel des citoyens d’avoir accès aux réseaux de l’ensemble des technologies disponibles (téléphone, internet, radio, télévision, électricité, etc.). Si les pays développés ont su relever ce défi, les pays en développement à l’instar du Sénégal semblent encore trainer le pas dans la prise en compte de la correction du déséquilibre de l’espace virtuel que créent les TIC. Pourtant, le Sénégal a longtemps été considéré comme un pionnier en Afrique de l’Ouest dans le domaine de l’utilisation des TIC. Cette considération est faite d’ailleurs à juste valeur, puisque, l’introduction des TIC a eu lieu pendant la période coloniale, en 1859  (Sagna, 2001). Fort de cette ancienneté, le Sénégal semble en mesure de relever un certain nombre de défis surtout dans le domaine de l’enseignement à distance dans le contexte d’une pandémie obligeant la réduction des déplacements et des rassemblements. Malgré les efforts consentis dans le domaine de l’aménagement numérique, la maladie à coronavirus a permis de lever un coin du voile sur le déséquilibre de l’utilisation des TIC. Comment la pandémie à covid-19 a-t-elle montré les limites de l’aménagement numérique du territoire ?

Aperçu des limites l’aménagement numérique  

Depuis à l’indépendance, le pays n’a cessé d’entreprendre des actions en vue d’améliorer l’utilisation des TIC  sur l’ensemble du territoire. Les mesures prises à cet effet ont consisté à la réhabilitation des infrastructures de télécommunications héritées du régime colonial. Puis, au fil des années, les mesures ont porté sur la répartition des infrastructures, la modernisation d’équipements, la création d’institutions telles que l’ARTP  et la promulgation des lois en faveur de l’utilisation des outils numériques (Diallo, 2014).

Bien qu’ambitieux, ces actions n’ont pas fini d’avoir des résultats concluants. En effet, si les opérateurs téléphoniques ont favorisé une meilleure couverture du territoire, la qualité du réseau et le niveau d’appropriation des usagers sont très contrastés. Les zones économiquement dynamiques ont une meilleure qualité de réseau par rapport au reste du pays. Cette disposition corrobore les actes posés par le colonisateur en matière d’aménagement et de développement. Selon les prévisions, le Sénégal doit compter en 2020 entre 8 et 10 millions d’internautes, mais une bonne partie de ces usagers sera concentrée à Dakar et en milieu urbain.

Carte : répartition territoriale du réseau 3G des trois principaux opérateurs en 2016

Source : stratégie Sénégal numérique 2016-2021

www.dakaractu.com


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