Europe France

Contre l’inceste, Emmanuel Macron s’engage à « écouter » et à « adapter » le droit

Il aura fallu trois semaines, depuis la publication du livre de Camille Kouchner, La Familia Grande, début janvier. En une vingtaine de jours, le récit accusant le constitutionnaliste Olivier Duhamel d’avoir abusé de son beau-fils adolescent a ouvert la voie à une vague de témoignages d’une ampleur telle que la réaction du sommet de l’Etat devenait inéluctable. Samedi 23 janvier, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a pris la parole, pour saluer « le courage d’une sœur qui n’en pouvait plus de se taire » mais aussi « de milliers d’autres témoignant de leur vie brisée ». « On est là. On vous écoute. On vous croit. Et vous ne serez plus jamais seuls », a-t-il assuré aux victimes d’inceste.

Un discours en deux axes : « accompagner » la libération de la parole, « punir les criminels pour leurs actes passés et pour empêcher toute récidive ». En guise de premières annonces, les soins psychologiques des victimes seront intégralement remboursés et deux visites de dépistage et prévention instaurées à l’école primaire et au collège. Les successeurs d’Elisabeth Guigou, démissionnaire de la commission indépendante sur l’inceste, ont également été officialisés : il s’agira d’Edouard Durand, vice-président chargé des fonctions de juges des enfants au tribunal de Bobigny, et de Nathalie Mathieu, directrice de l’association Docteurs Bru, deux acteurs reconnus par les milieux associatifs. Quant à la question pénale, « il nous faut adapter notre droit pour mieux protéger », a indiqué le chef de l’Etat, confiant au ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, et au secrétaire d’Etat à l’enfance, Adrien Taquet, le soin de mener une consultation, un élément déjà mentionné par le garde des sceaux, jeudi, au Sénat.

« Il nous faut faire plus »

Contre l’inceste, la majorité fait valoir la loi dite Schiappa sur les violences sexistes et sexuelles, votée en août 2018, allongeant le délai de prescription pour les abus sexuels sur mineurs à trente ans à compter de la majorité de la victime. Mais la vague #metooinceste aura mis en lumière ses limites. « Beaucoup a été fait. Il nous faut faire plus », a admis Emmanuel Macron. Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la citoyenneté, a elle-même reconnu samedi la nécessité d’un « renforcement », tout en rejetant, sur Europe 1, la proposition de loi de la sénatrice Annick Billon (Union centriste, Vendée) votée jeudi à l’unanimité et créant un nouveau crime sexuel pour protéger les moins de 13 ans sans que puisse être interrogé leur consentement. « Cela crée un flou juridique pour les 13-15 ans », a estimé Mme Schiappa, critiquée pour avoir reculé sur le sujet en 2018.

Il vous reste 52.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Laisser un commentaire