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Confinés, les Portugais appelés à sortir de chez eux pour élire leur président

Des électeurs portugais font la queue pour entrer dans un bureau de vote à Lisbonne, dimanche 24 janvier.

Reconfinés depuis le 15 janvier en raison d’une recrudescence des cas de Covid-19, les Portugais étaient invités à sortir de chez eux dimanche 24 juin pour élire leur président. Une élection qui devrait entériner la reconduction du candidat sortant, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa.

« A ceux qui peuvent et qui veulent voter, dépassez vos craintes », a déclaré l’actuel chef de l’Etat après avoir lui-même voté dans son fief de Celorico de Basto, dans la région du Minho (nord). « Le vote se déroule bien dans tout le pays, avec distanciation, respect des règles sanitaires et patience de la part des Portugais. (…) Les gens peuvent voter sans aucun problème », a-t-il insisté.

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Avec un taux de participation de 35,4 % à 16 heures (17 heures à Paris), la mobilisation n’était qu’en légère baisse par rapport à la présidentielle de 2016 (37,7 % à la même heure), alors que certains analystes redoutaient une abstention record avoisinant les 70 %.

A travers le pays, les électeurs devaient faire la queue devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un. « Moi, rien ne m’aurait empêché de voter, mais je pense que les personnes âgées, par exemple, seront démotivées à la fois par le virus et par les files d’attente », a témoigné José Barra, un architecte de 54 ans, après avoir voté dans une bibliothèque du centre de la capitale.

« Même si c’est important de venir voter alors qu’on est en confinement, cela n’a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes », estimait pour sa part un autre électeur, Luis Araujo, en se rendant dans un bureau de vote installé dans une école de Lisbonne. A l’intérieur, la queue s’étendait le long des escaliers pendant que des employés désinfectaient les lieux, équipés d’une combinaison de protection intégrale.

Le président veut éviter un second tour

Pour tenter d’enrayer l’explosion de l’épidémie, le Portugal et ses 10 millions d’habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un second confinement général. Après les commerces et les restaurants, le gouvernement a dû se résoudre à fermer les écoles vendredi, pendant quinze jours.

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De nouveaux records quotidiens de contaminations et de décès ont encore été battus samedi, portant le bilan total depuis le début de la pandémie au-delà du seuil des 10 000 morts. Avec 85 000 contagions et près de 1 500 morts au cours de la semaine écoulée, le Portugal occupe sur cette période le premier rang mondial en nombre de nouveaux cas et de décès par rapport à sa population, dépassé seulement par l’enclave britannique de Gibraltar, selon les données collectées par l’Agence France-Presse (AFP) auprès des autorités nationales.

En fin de campagne, l’actuel chef de l’Etat avait demandé aux électeurs de voter pour lui afin d’éviter un second tour, prévu le 14 février, et ainsi « épargner aux Portugais le prolongement de l’élection pendant trois semaines cruciales » pour freiner l’épidémie. « Il suffit d’une abstention de 70 % pour rendre un second tour quasiment inévitable », s’était inquiété Marcelo Rebelo de Sousa, ancien professeur de droit de 72 ans devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision.

Les projections des médias locaux sont attendues vers 21 heures et les résultats officiels seront annoncés dans la foulée, mais tous les sondages réalisés avant l’élection ont prédit sa victoire dès le premier tour.

L’autre enjeu du scrutin est le score que fera le candidat d’extrême droite André Ventura, qui espère confirmer la progression du populisme de droite dans un pays qui, jusqu’ici, faisait figure d’exception. Avec un score de 1,3 % et les 70 000 voix obtenues aux législatives de 2019, ce juriste de 38 ans est alors devenu l’unique député du parti antisystème Chega (« Ça suffit ») qu’il a fondé.

Le but affiché de M. Ventura est d’arriver en deuxième position, devant l’ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes, diplomate de carrière âgée de 66 ans et devenue une éminente militante anticorruption. Sans le soutien du premier ministre socialiste Antonio Costa, qui a jusqu’ici cohabité sans difficulté avec M. Rebelo de Sousa, elle a fait campagne en promettant de faire barrage à l’extrême droite.

Le Monde avec AFP


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