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Comment le Rwanda a réussi à contenir la propagation du coronavirus

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A une station de bus de Kigali, au Rwanda, le respect des mesures barrières, le 4 mai 2020.

Après s’être soigneusement désinfecté les mains, une présentatrice de radio rwandaise, masquée, s’empare du micro. A travers un écran de télévision, elle demande au président Paul Kagame les leçons à tirer de la pandémie de Covid-19. Ce vendredi 10 juillet, le chef de l’Etat donne une conférence de presse virtuelle diffusée sur Instagram à quelques jeunes « influenceurs » du pays triés sur le volet. « Quand on voit comme tous les pays, nous inclus, se débattent face à cette maladie, cela nous rappelle que nous sommes tous égaux. (…) Certaines personnes ont été habituées à piétiner les autres et à leur dicter la marche à suivre. Je pense qu’elles ont maintenant pris conscience de leurs limites et du fait qu’il faut peut-être laisser vivre chacun comme il l’entend », répond Paul Kagame.

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Alors que la plupart des pays occidentaux peinent à contenir la propagation du coronavirus, le président rwandais, connu pour diriger son pays d’une main de fer, se montre satisfait de la stratégie adoptée par son gouvernement. Avec environ 2 000 cas confirmés et seulement cinq morts depuis le début de l’épidémie pour une population de 12,5 millions d’habitants, le Rwanda, l’un des pays les plus densément peuplés d’Afrique, semble avoir jusqu’ici contenu la maladie avec succès. A titre de comparaison, la région Ile-de-France, à population presque égale, a enregistré plus de 7 500 décès à l’hôpital.

Sensibilisation musclée

A l’exception de quelques pays, le nombre de contaminations reste limité sur tout le continent africain, comparé aux autres régions du monde. Mais le Rwanda est le seul Etat subsaharien à être inscrit, depuis le 30 juin, sur la liste des pays considérés comme « sûrs » par l’Union européenne (UE), et dont les ressortissants peuvent, sous réserve d’acceptation des Etats membres, pénétrer dans l’espace Schengen. Une liste qui a fait polémique, certains questionnant notamment les critères retenus par Bruxelles. « Il n’y a rien de politique dans cette décision, qui est liée aux données épidémiologiques et aux mesures exemplaires prises très tôt par le Rwanda », assure Nicola Bellomo, ambassadeur de l’UE à Kigali.

Le Rwanda a en effet été l’un des premiers pays africains à imposer en mars un confinement total à sa population, une semaine seulement après la confirmation du premier cas sur son territoire. Depuis sa levée progressive début mai, le port du masque est obligatoire dans tous les lieux publics, le gouvernement a ordonné un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin, tandis que les bars et les écoles restent fermés. Ceux pris en flagrant délit de violation des directives du gouvernement sont amenés dans des stades, parfois en pleine nuit, « où ils sont sensibilisés aux dangers de la propagation du virus, avant d’être relâchés à la fin du couvre-feu le matin », explique le porte-parole de la police. Une méthode radicale dénoncée par certains défenseurs des droits humains comme l’organisation Human Rights Watch, qui pointe des arrestations arbitraires sans procédure régulière.

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