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Après un concert critiqué à Nice, Christian Estrosi impose le port du masque aux grands événements

Alors que le ministre de la santé, Olivier Véran, regrette un « relâchement de certains comportements », la France a dépassé, vendredi 10 juillet, le seuil symbolique des 30 000 morts, selon le dernier bilan quotidien du ministère de la santé. Pour éviter que l’épidémie du Covid-19 ne reparte, quatorze médecins de renom ont réclamé dans une tribune publiée samedi soir par Le Parisien-Aujourd’hui en France l’obligation du port du masque dans les lieux publics clos. Ils ne sont pas les seuls à souhaiter que le masque soit davantage imposé.

  • Christian Estrosi compte imposer le port du masque aux grands événements

The Avener, signature française de l’électro mondiale, se produisait samedi 11 juillet à Nice. Une foule nombreuse était venue l’écouter, sans prêter grande attention aux gestes barrières.

Après un concert samedi à Nice où se sont massés des milliers de spectateurs, critiqués sur les réseaux sociaux pour ne pas avoir suffisamment respecté les gestes barrières, le maire LR Christian Estrosi a annoncé dimanche qu’il imposera désormais le port du masque pour les grands événements de sa ville. Il a demandé à l’Etat d’en faire de même.

The Avener, signature française de l’électro mondiale, se produisait samedi soir depuis la Colline du château. Le public était massé en contrebas sur la promenade des Anglais pour ce DJ set gratuit, organisé par la mairie. Sur des photos et vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on voit une foule compacte danser, suscitant des commentaires indignés d’internautes alors que le gouvernement a appelé à la vigilance et au port du masque pour prévenir tout risque de deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 en France.

« Nous regrettons que ces consignes n’aient pas été suffisamment respectées et demandons à l’Etat de revoir le décret qui régit les grands événements afin d’imposer le port du masque, même à l’extérieur. A Nice, il sera désormais obligatoire pour tous nos événements », a déclaré Christian Estrosi sur Twitter. Des panneaux au sujet des gestes barrières étaient installés et des messages audio et vidéo diffusés, assure une porte-parole de la mairie qui estime que « la ville a joué son rôle ». La mairie comme la préfecture assurent que la jauge de 5 000 spectateurs n’a jamais été dépassée pour une zone qui, hors Covid, peut accueillir 36 000 personnes.

Dimanche, sans mentionner directement la situation niçoise, le ministre de la santé, Olivier Véran, a déclaré sur Twitter :

« Les gestes barrières ne sont pas une option. N’hésitez pas à porter un masque en toute situation, surtout si vous n’êtes pas sûr de pouvoir garder 1 mètre de distance avec ceux qui vous entourent. C’est par le civisme de chacun que nous préserverons la santé de tous ! »

  • Vers des tests dans les aéroports pour les voyageurs venant de pays à risque

Les tests virologiques pour détecter le Covid-19 seront « systématisés » dans les prochains jours dans les aéroports de France pour les voyageurs provenant de pays « où le virus circule le plus », a annoncé dimanche 12 juillet sur BFM-TV le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, annonçant jusqu’à « 2 000 tests PCR par jour ».

« Ceux qui auront pu faire un test depuis le pays d’origine n’auront pas à le refaire en arrivant à Paris, en France. Il faudra qu’ils puissent produire la preuve qu’ils ont fait un test », a-t-il ajouté, précisant que cela allait être « mis en place dans les jours qui viennent ».

Le ministre de la santé, Olivier Véran, avait annoncé vendredi qu’il travaillait à la mise en place, dans les aéroports « où ce sera possible », de tests salivaires pour les voyageurs arrivant de pays à risque. Ils leur seront « proposés », « on ne peut pas contraindre quelqu’un à avoir un test », avait-il précisé. Ces tests rapides de diagnostic de l’infection sont encore en cours de validation par les autorités de santé.

Dans les aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly, des « barnums » où seront testés « gratuitement » les passagers doivent être mis en place dimanche, a précisé à l’AFP une source aéroportuaire. Le volume de passagers concernés par les tests est « assez faible », a ajouté cette source, « car les pays en rouge sont des provenances soumises à attestation dérogatoire pour motif impérieux ». Ces pays “rouges” ne font pas partie de l’Union européenne et ne figurent pas sur la liste des treize pays dont les ressortissants sont autorisés à fouler le continent européen.

  • Le premier ministre, Jean Castex, en Guyane

Le premier ministre, Jean Castex, est arrivé dimanche 12 juillet en Guyane.

Alors que l’état d’urgence sanitaire a pris fin le 10 juillet en métropole, il est maintenu jusqu’au 30 octobre inclus en Guyane et à Mayotte. En Guyane, le centre hospitalier de Cayenne est passé en quinze jours de 59 à 127 patients atteints du Covid-19, et le nombre de morts à l’hôpital a été multiplié par cinq depuis le 11 mai. A Mayotte, la courbe du nombre de cas connaît une forte progression. Vendredi 10 juillet, 2 711 cas avaient été confirmés, soit 9 de plus que la veille.

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C’est dans ce contexte de crise que le nouveau premier ministre, Jean Castex, a décidé de se rendre dimanche en Guyane, pour une visite express de huit heures, afin d’assurer de « la pleine mobilisation de l’Etat » dans ce territoire français d’Amérique du Sud. « Je viens (…) avec la volonté de préparer la France à une éventuelle deuxième vague », mais « en préservant la vie économique, la vie sociale », avait-il prévenu mercredi. Le premier ministre est accompagné du nouveau ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, et du ministre de la santé, Olivier Véran.

L’ex-ministre des outre-mer, désormais ministre de la mer, Annick Girardin, s’y était rendue à la fin de juin avec des renforts sanitaires et avait lancé un appel à la solidarité nationale pour y faire venir plus de soignants, estimant qu’il fallait au total 300 renforts supplémentaires pour permettre d’augmenter le nombre de lits en réanimation, très faible (une trentaine à Cayenne actuellement). Plus d’une centaine de membres de la réserve sanitaire sont déjà sur place et, vendredi, vingt-deux militaires du service de santé des armées sont arrivés pour venir en aide au Centre hospitalier de l’ouest guyanais (CHOG), à Saint-Laurent-du-Maroni. Du matériel de santé y a aussi été envoyé. Un hôpital de campagne de la sécurité civile a par ailleurs été installé au centre hospitalier de Cayenne pour accueillir des patients qui n’ont pas le Covid.

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