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Alexandre Benalla renvoyé en correctionnelle, notamment pour « faux » et « usage de faux » de son passeport de service

Alexandre Benalla, lors de son audition par des sénateurs de la Chambre haute au Sénat, le 19 septembre 2018.

Alexandre Benalla, ex-chargé de mission à l’Elysée, a été renvoyé en correctionnelle, le lundi 25 janvier, pour « usage public et sans droit de documents justifiant d’une qualité professionnelle » s’agissant de l’utilisation de deux passeports diplomatiques et « faux et usage de faux » s’agissant du passeport de service, a appris Le Monde, mercredi, de source judiciaire, confirmant une information de l’Agence France-Presse (AFP). Le parquet de Paris avait demandé la tenue d’un procès en correctionnelle en septembre dernier.

Il s’agit du premier renvoi en procès de l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, dont le nom a émergé avec le scandale des violences commises lors d’une manifestation le 1er mai 2018 à Paris. Au-delà de l’affaire des passeports, il est visé par cinq autres enquêtes judiciaires.

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Plusieurs procédures judiciaires

L’ex-chargé de mission avait été mis en examen une première fois dans ce dossier en janvier 2019 pour « usage public et sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle ». Le 11 février dernier, le juge d’instruction avait décidé de le mettre également en examen pour « faux et usage de faux document administratif ». L’enquête visait à éclaircir les conditions dans lesquelles Alexandre Benalla a continué à utiliser des passeports diplomatiques pour voyager en Afrique et en Israël, où il entamait sa reconversion en tant que consultant international en sécurité, après sa mise en examen en juillet 2018 pour des violences commises en marge du 1er-Mai, cette même année, et son limogeage.

Il détenait, en outre, un passeport de service obtenu, selon l’accusation, en produisant frauduleusement une lettre à en-tête du chef de cabinet de l’Elysée François-Xavier Lauch, mais « dactylographiée » et non signée. M. Lauch, désormais directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait été convoqué en tant que partie civile après avoir porté plainte contre Alexandre Benalla, dont il était à l’époque le supérieur.

« Alexandre Benalla, qui avait dans un premier temps été laissé sous le statut de témoin assisté dans ce dossier, a toujours contesté les faits et leur qualification pénale », a déclaré à l’AFP son avocate, Me Jacqueline Laffont. « Par ailleurs, il a été démontré lors de l’instruction que la pratique administrative de l’original signé existait bien, et était utilisée notamment dans certains services de l’Elysée », a-t-elle ajouté.

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Après avoir affirmé, dans un premier temps, devant le Sénat les avoir laissés dans son bureau à l’Elysée, Alexandre Benalla avait reconnu avoir récupéré et utilisé ces passeports, puis les avait rendus. Selon nos informations, M. Benalla a utilisé l’un de ses deux passeports diplomatiques pour entrer dans plusieurs pays africains.

Plusieurs procédures judiciaires ont été ouvertes dans la tentaculaire affaire Benalla, principalement au parquet de Paris mais aussi au Parquet national financier. Outre le dossier des passeports, Alexandre Benalla est également mis en examen pour les violences commises en marge du défilé du 1er-Mai, en 2018, point de départ de l’affaire, et pour le selfie pris avec une arme durant la campagne présidentielle de 2017.

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Le Monde avec AFP


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