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Air France annonce 7 580 suppressions de postes

Rassemblement de salariés d’Air France, au siège de la compagnie aérienne, à Tremblay-en-France (Seine-saint-Denis), le 3 juillet.

Le couperet est tombé brutalement chez Air France. Il y a quelques jours, Ben Smith, directeur général d’Air France-KLM, a confié à un délégué syndical de la compagnie : « Tout ce que les précédents dirigeants d’Air France n’ont pas été capables de faire il faudra que ce soit moi qui le fasse. » Il a tenu parole. A l’occasion d’un comité social et économique central extraordinaire, vendredi 3 juillet, la direction a annoncé un plan drastique de restructurations qui prévoit 7 585 suppressions de postes dont 6 560 chez Air France et 1 020 pour la filiale court-courrier Hop, soit plus de 16 % des effectifs.

Au total, selon les calculs de la CGT, la compagnie veut pousser vers la sortie « un minimum de 8 300 salariés ». Jusqu’en 2021, Air France table sur 3 090 « départs naturels », notamment des départs à la retraite non remplacés, et sur 3 475 suppressions de postes par le biais de départs volontaires ou par celui du dispositif de rupture conventionnelle collective.

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Avec ces mesures, la direction veut économiser 1,221 milliard d’euros d’ici à 2023 dont 800 millions d’euros au travers des restructurations, auxquels s’ajoutent 350 millions d’euros grâce au renouvellement de la flotte. Pour l’instant, cette démarche coûte cher à la compagnie. Pour sortir de la flotte les dix gros-porteurs A380, Air France devra débourser 500 millions d’euros.

Besoin urgent de se refinancer

Face aux syndicats, vendredi, Ben Smith a brossé un portrait sans concession de la compagnie. Sans surprise, la crise et l’arrêt quasi total de son activité ont plombé ses comptes. Entre mars et juin, son chiffre d’affaires a chuté de 95 %, a assuré Air France dans un communiqué. Et ce, alors que la compagnie est censée rembourser pour l’équivalent de 900 millions d’euros de billets dont les vols ont été annulés.

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Selon le directeur général, la compagnie a un besoin urgent de se refinancer. Faute d’y parvenir : « Elle serait dans l’impossibilité de renégocier sa dette ou de contracter des prêts. » Le patron canadien veut donc parvenir à une maîtrise des coûts fixes d’Air France, qui seraient encore supérieurs de 50 % à ceux des compagnies low cost.

Pour cela, M. Smith assure que « ses priorités stratégiques restent inchangées », mais il souhaite « une accélération sur deux axes : la compétitivité et le développement durable ». Son plan prévoit en plus « une modération salariale pour les deux ans à venir ». Durant cette période de vaches maigres pour les personnels, il n’y aura pas de versement de dividendes, ni d’intéressement ou de participation. « Sur la base d’hypothèses de reprise ambitieuses », assure Air France, la compagnie prévoit que le niveau d’activité de 2019 ne reviendra pas avant 2024.

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