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A Paris, Anne Hidalgo exclut Christophe Girard de sa majorité

Christophe Girard compte bien revenir, mardi 4 février, au conseil de Paris. Mais l’ancien adjoint à la culture ne siégera pas sur les bancs de la majorité. Anne Hidalgo et les socialistes qui dirigent la Mairie de Paris ont décidé de s’écarter durablement de cet « ami encombrant », dont le nom est associé à deux affaires d’agression sexuelle, même si la justice ne lui reproche rien. En pleine affaire Duhamel, « son retour au conseil au sein de notre groupe aurait envoyé un mauvais message », explique Rémi Féraud, le patron des socialistes parisiens.

Jeudi 28 janvier, à l’issue d’une réunion de l’ensemble des élus socialistes parisiens et apparentés, Rémi Féraud a appelé Christophe Girard pour lui demander de quitter de lui-même leur groupe, appelé Paris en Commun. Refus de l’intéressé. « Moi, je ne veux pas quitter Paris en commun, explique Christophe Girard. J’ai donc demandé aux socialistes d’assumer leur souhait d’exclusion. Je prends acte que je suis exclu. » Malgré cette crise, l’élu du 18e arrondissement compte bien revenir au conseil de Paris. « C’est mon devoir d’élu », affirme-t-il. Il siégera désormais parmi les non-inscrits.

Cette exclusion ne remet pas en cause la maîtrise du conseil municipal par Anne Hidalgo et ses alliés, notamment écologistes. Elle fait néanmoins perdre à Paris en commun son statut de premier groupe du conseil de Paris. Les socialistes et apparentés ne compteront désormais plus que 54 élus, contre 55 pour le groupe Les Républicains mené par Rachida Dati, qui marque ainsi un point symbolique notable.

« Il ne peut pas y avoir d’ambiguïtés »

Anne Hidalgo avait nommé son ami Christophe Girard adjoint à la culture en juillet 2020, après la nouvelle victoire de la gauche aux municipales. Mais très vite, ce pilier de l’Hôtel de ville s’est retrouvé en situation difficile, en raison de ses relations passées avec l’écrivain soupçonné d’actes pédocriminels Gabriel Matzneff. Sous la pression, Christophe Girard a alors dû lâcher sa casquette d’adjoint, tout en restant simple conseiller de Paris.

Deuxième déflagration en août 2020. Aniss Hmaïd, un Tunisien, l’accuse dans la presse d’avoir abusé de lui quand il avait 16 ans, en 1990, et de l’avoir contraint à des rapports sexuels une vingtaine de fois les années suivantes. La justice ouvre une enquête et Christophe Girard, qui nie tout viol, accepte de se « mettre en retrait » de l’activité politique. Une parenthèse qu’il souhaite provisoire. Lorsqu’en novembre, les juges décident de clore l’enquête préliminaire, les faits reprochés étant prescrits, l’ex-adjoint en tire une conclusion : plus rien ne s’oppose à ce qu’il revienne à l’Hôtel de ville.

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